SAINTS ET SAINTES DE L'ORDRE DES SERVITES DE MARIE


S. ANTOINE-MARIE PUCCI    LES SEPT SAINT PERES FONDATEURS    S. PEREGRIN LAZIOSI    S. JULIENNE FALCONIERI    S. CLELIA BARBIERI    S. PHILIPPE BENIZI


 

SAINT ANTOINE-MARIE PUCCI

 12 janvier

 

Antoine naît en 1819 au village de Poggiole, dans le diocèse de Pistoia. Il entre à 18 ans dans notre Ordre. Après son ordination, on l’envoie à Viareggio.

Il y devient curé et y vit pendant 45 ans, jusqu’à sa mort. Prieur conventuel, puis Prieur provincial, il remplit ces fonctions à la manière non d’un supérieur, mais d’un frère au service de ses frères pour les aider.

Entièrement donné au service de Dieu et de Notre-Dame, il se dépense avec une charité inlassable pour ses fidèles, surtout les pauvres. Il meurt le 12 janvier 1892.

Entièrement dévoué à Dieu et a ses paroissiens

Antoine- Marie Pucci nait en 1819 à Poggiole, dans le diocèse de Pistoie, deuxième enfant d'une famille de neuf garçons. Ses parents menaient une vie exemplaire. Sa jeunesse est marquée par l'étude et la prière. Poussé par un grand amour de la Mère de Dieu, il entre à dix huit ans dans l'ordre des Serviteurs de Marie.

Après son année de noviciat à Florence, il étudie pendant six ans la philosophie et la théologie au Mont Sénario. Un an après sa profession solennelle et son ordination sacerdotale, il est envoyé comme vicaire à Viareggio. Trois ans plus tard, il devient curé. Il assume cette charge avec la plus grande fidélité, pendant quarante cinq ans, jusqu'à sa mort. Il offre à tous l'exemple d'une vie simple et active, entièrement dévoué à Dieu et à ses paroissiens. Entre temps, il continue d'étudier et il obtient le grade de maitre en sacrée théologie.

Pendant plusieurs années, il est prieur de son couvent et de la province de Florence, en une période difficile pour les religieux à cause des lois hostiles aux Ordres et Instituts de vie commune. Dans cette charge, se souvenant des paroles de saint Augustin, il désire être aimé plutôt que redouté, et il met sa foi, non dans l'exercice du pouvoir, mais dans le service de la charité.

Il est remarquable par son humilité, son esprit de silence, son union à Dieu et son amour de la pauvreté. Il se fait tout à tous pour les gagner tous au Christ. Il connait chacune de ses brebis, les suit toujours avec un amour paternel, leur offre la prédication de la Parole de Dieu et les soutient par ses conseils et ses enseignements. Constamment, il vient en aide aux pauvres. Cela lui vaut à juste titre le surnom de <<père des pauvres».

Fidèle ministre du sacrement du pardon, il y consacre chaque jour plusieurs heures. Il considère comme son premier devoir de ramener les pécheurs à Dieu, de consoler les affligés, de pardonner à ceux qui l'avaient offensé, d'apaiser les haines et les rivalités, rétablir la paix dans les familles et d'entourer les malades et les mourants de sa sollicitude paternelle.

Sa charité envers le prochain se manifeste surtout lors de l'épidémie de choléra. Pendant deux ans (1854-1856), il ne s'accorde presque pas de repos. Jour et nuit, au péril de sa vie, il se dépense pour soigner les souffrants. Dieu lui fait don de plusieurs charismes. En particulier il peut lire dans le cœurs et guérir les malades. On le voit quelquefois en extase et en lévitation.

Pour l'éducation chrétienne des filles, il fonde dans sa paroisse une Congrégation de Sœurs Servites de Marie. Il la dirige avec sagesse. Pour développer la vie chrétienne dans sa communauté paroissiale, en avance sur son époque, il crée des associations pour les enfants et les adolescents, pour les hommes et les femmes. Il encourage l'œuvre de la Propagation de la Foi et les Conférences de saint Vincent de Paul, récemment introduites de France en Italie. Le premier, il fonde un hôpital pour recevoir des enfants en séjour de cure marine. Dans toutes ces initiatives, il est soutenu et stimulé par son amour de l'Eucharistie et de Notre-Dame des Douleurs. Il développe son culte et lui consacre solennellement sa paroisse.

Il meurt le 12 janviers 1892, après avoir reçu les derniers sacrements. Tous les habitants, et même les adversaires de l'Église, le pleurent.

Jean XXIII le canonise en 1962, pendant la première session du Concile œcuménique Vatican II. Le corps de saint Antoine-Marie est vénéré dans la basilique Saint-André, à Viareggio.

Oraison

Seigneur, tu as fait de saint Antoine-Marie Pucci un serviteur de la Mère de ton Fils et un pasteur de ton peuple; donne-nous de nous inspirer toujours de Sainte Marie et de travailler sans relâche à étendre l’amour du Christ. Lui qui.

 


LES SEPT SAINT PERES FONDATEURS DE L’ORDER DES SERVITEURS DE MARIE

17 février

 

C'est l'époque où sévit la lutte entre Frédéric 11 et le Siège apostolique. C'est l'époque ou les villes d'Italie sont déchirées par les guerres civiles et les luttes partisanes.

Ces sept marchands, unis par l'amour fraternel, donnaient depuis longtemps un bel exemple de vie évangélique et de service des pauvres et des malades, quand ils décident de se retirer dans la solitude pour mener ensemble une vie de Pénitence.

Ayant renoncé à leur commerce, ils quittent leurs maisons et distribuent leurs biens aux pauvres et aux églises. Puis, ils revêtent l'habit de simple étoffe brute qui de leur temps était propre aux pénitents et se retirent, d'abord, dans une petite maison en dehors de l'enceinte de la ville. La, ils continuent a servir leur prochain et a l'aider dan s ses besoins tant matériels que spirituels. Ils offrent ainsi un remarquable témoignage de charité.

Plus tard, vers l'an 1245, ils veulent satisfaire leur désir de contemplation, s'adonner sans cesse à la prière et éviter que les chefs du parti gibelin ne les obligent a prendre parti pour eux. Aussi, sur le conseil d'Ardingo, évêque de Florence et de saint Pierre de Vérone, alors en séjour a Florence, qui approuvait leur esprit et leur genre de vie, ils montent vers les solitudes du Mont Sénario, non loin de Florence. Là, ils se construisent une petite habitation et une petite église en l'honneur de sainte Marie.

Ils mènent une vie austère et pénitente ou 1'0n retrouve certains éléments de la vie érémitique et certains de la vie cénobitique. Ils tirent leur nourriture du travail manuel. Ils psalmodient en commun et s'adonnent aussi à la prière solitaire. Dans le silence et la contemplation, ils prêtent une oreille attentive à la parole de Dieu et ne refusent pas la fréquantation de ceux qui, dans leurs doutes et leurs angoisses, montent jusqu'à eux pour demander l'appui de leur conseil et de leur charité.

Leur pauvreté est radicale, comme en témoigne l'Acte de pauvreté dont fait mention la Bulle Deo grata d'Alexandre IV. Par ce document, en effet, frère Bonfils, Prieur majeur de l'église de Sainte-Marie du Mont Sénario et les frères du même couvent, promettent solennellement de n'accepter jamais la propriété de quoi que ce soit. Entre temps, certains sont ordonnés prêtres.

Leur réputation de sainteté se répand et beaucoup demandent à se joindre à eux. Ainsi, peu à peu, tout en conservant le nom de Serviteur de sainte Marie, ils choisissent la vie instituée par les Apôtres, selon la règle de Saint Augustin, à laquelle ils ajoutent des statuts réguliers.

Nos Pères avaient revêtu l'habit qu'ils portaient en signe de l'humilité de la Mère de Jésus et de la souffrance qu'elle endura durant la Passion de son Fils.

Ces sept hommes sont appelés, ajuste titre, nos ancêtres et nos Pères pour avoir fondé l'Ordre des Serviteurs de sainte Marie. L'ordre commença aussitôt à se répandre en Toscane et dans les autres régions du centre de l'Italie ou il diffusa la lumière de l'Evangile et le culte de la Vierge Marie.

Les premiers statuts réguliers furent accordés aux Serviteurs de sainte Marie par l'évêque Ardingo en vertu de son pouvoir ordinaire. On pense, non sans raison, qu'Innocent IV, le premier, leur accorda la protection du Siège apostolique, et l'approbation du régime de pauvreté et de pénitence que les frères avaient adopté. Alexandre IV, son successeur, les confirma en 1256 par la lettre "Deo grata". Enfin, quand, grâce surtout aux efforts de saint Philippe de Florence, eurent été levés les obstacles qui s'opposaient à la vie et au développement de notre Ordre après le deuxième Concile de Lyon, le bienheureux Benoit XI, en 1304, approuva définitivement l'Ordre des Serviteurs de sainte Marie par la Bulle "Dum levamus", dans laquelle on lit ces mots très clairs sur l'esprit primitif de l'Ordre:

«Mus par l'amour et l'attachement sans réserve que vous avez a l'égard de sainte Marie, la Vierge glorieuse, vous avez pris d'elle votre nom en vous appelant humblement Serviteurs de cette Vierge».

Comme un même lien de vraie fraternité avait uni ces sept hommes durant leur vie, ainsi la postérité les embrassa dans une seule et même vénération. Léon XIII, en 1888, les canonisa collectivement sous les noms de Bonfils, Bienvenu, Manet, Amédée, Hugues, Sostène, Alexis. Leurs corps sont ensevelis au Mont Sénario, dans le même sépulcre, afin qu 'une même châsse conserve, une fois morts, ceux que la vie fraternelle avait unis.

 

De la «Legenda» des origines de l'Ordre des Serviteurs de Sainte Marie.

 

On doit savoir que dans la province de Toscane, en la ville de Florence, il y eut sept hommes, dignes de grand honneur et respect, que notre Dame, pour les avoir unis comme les sept étoiles Pléiades au cyc1e d'Arthur, donna origine à son Ordre et à celui de ses Serviteurs.

Personne d'entre eux ne survivait lors de mon entrée dans l'Ordre , à l'exception de frère Alexis. Il a plu à Notre Dame de faire survivre ce frère Alexis jusqu'à cette époque, pour que, par son récit même, il me fut donné de connaitre l'origine de notre Ordre.

Donc, pour ce qui est de la vie même de frère Alexis, comme j'ai pu le constater de mes propres yeux, elle était telle que, non seulement elle nous émouvait tous par son exemple, mais elle ref1était aussi sa grande sainteté et, par incidence, l'état même de l'excellente perfection religieuse de ses compagnons.

L'état de ces hommes, avant de se réunir pour donner origine à notre Ordre, eut quatre facettes.

C'est leur rapport à l'Église qui vient en premier lieu.

Certains d'entre eux pour vivre la chasteté perpétuelle ne s'étaient pas mariés, d'autres au contraire s'étaient engagés dans le mariage et d'autres, finalement, furent libérés des liens matrimoniaux par la mort de leurs épouses.

Le second état qu'ils vécurent avant leur regroupement, fut en rapport au bien commun de la société. C'est ainsi que l'on retrouve nos sept hommes, avant leur union, occupés dans le commerce, par l'échange et les transactions des biens terrestres. Mais, dès qu'ils trouvèrent la perle précieuse, ou, mieux encore, qu'ils connurent de notre Dame le moyen d'acquérir cette perle, à savoir notre Ordre, non seulement, après avoir vendus leurs biens, ils en distribuèrent le prix aux pauvres, conformément au conseil évangélique, mais ils s'engagèrent également d'un cœur joyeux à servir fidèlement leur Seigneur et leur Dame.

Quant à leur troisième état maintenant, avant me la naissance de l'Ordre, il est en rapport à leur dévotion et honneur envers notre Dame.

En effet, il existe à Florence une certaine société en l'honneur de la Vierge Marie, instituée depuis fort longtemps, et qui par son ancienneté et le nombre des hommes et des femmes qui y sont associés, s'appelle à juste titre Société Majeure de notre Dame.

C'est à cette Société Majeure qu'étaient associés, en qualité de principaux dévots de notre Dame, nos sept hommes, avant leur regroupement qui donna origine à notre Ordre.

Le quatrième état de vie, avant le début de l'Ordre, regarde leur propre perfection.

Ils aimaient Dieu au-dessus de toutes choses par l'offrande de toutes leurs actions, en plus de l'avoir honoré par toutes leurs pensées, paroles et œuvres.

Après avoir été mus par cette inspiration divine, afin de pouvoir réaliser au plus tôt leur regroupement tant désiré, ils se mirent donc à régler les affaires de leurs propres maisons et familles, ayant eu soin de laisser à ces dernières le nécessaire voulu et de distribuer le surplus aux pauvres. Finalement, pour être soutenus dans leur idéa1 inspiré par Dieu, ils s'adressèrent à des hommes de bonne vie et de bon exemple pour converser sérieusement avec eux afin de recevoir conseil et avis sur leur projet, après qu'ils eurent manifesté leur état d'âme.

Ils abandonnèrent la maison qu'ils occupaient au début à Florence, pour gravir le mont Sénario et s'y établir: ils y construisirent, sur le sommet, une petite maison capable de les abriter.

C'est à la suite de cette situation qu'ils commencèrent à comprendre décidément d'avoir été regroupés, non seulement pour y acquérir et con server leur sainteté personnelle, mais aussi afin de pouvoir s'associer d'autres hommes, ce qui permettrait l'accroissement du nouvel Ordre que Notre Dame fit naitre par leur entrenuise. C'est à partir de ce moment qu'ils commencèrent à en accepter quelques -uns.

Tout cela fut édifié principalement par Notre Dame fondé sur l’humilité de nos frères, construit par leur décision mutuelle et consacrée par leur pauvreté.

 

Oraison

Dieu de miséricorde, dans ta sagesse et par l’intervention de Sainte Marie, tu as voulu que nos Sept Saints Fondateurs se réunissent en fraternité et que naisse ainsi la famille des Servites; accorde-nous de vénérer avec ferveur la Mère de ton Fils pour te servir en nos frères. Par Jésus.



 

SAINT PEREGRIN LAZIOSI

 4 mai

 

Pérégrin naît à Forli vers 1265. Il est un adolescent au naturel ardent. Un jour que saint Philippe essaya de ramener Forli à la communion avec le Pape, Pérégrin, avec quelques-uns de ses concitoyens, le frappe et le chasse hors de la ville. Mais, pris de remords, il demande ensuite pardon à Philippe. Poussé par la grâce, il entre même dans l’Ordre des Servites. Il vit d’abord au couvent du Sienne. Il revient ensuite à Forli où il devient célèbre. Il meurt en 1345. Benoît XIII le canonise en 1726.

 

«Je subis dans mon corps la mort de Jésus».

En 1283, saint Philippe Benizi, Prieur général des frères Serviteurs de Marie, cherchait à ramener à l'obéissance au Siège apostolique les habitants de Forli, frappés d'interdit. Mais, sous les injures et les coups, il est chassé de la ville. Comme vrai disciple du Christ, Philippe alors prie Dieu pour ceux qui le frappent. L'un de ceux-ci, Pérégrin, un jeune homme de dix-huit ans, de la célèbre famille des Laziosi, est pris de remords et vient humblement lui demander pardon. Philippe, plein de bonté, le reçoit avec affection. Pérégrin commence alors à mépriser les valeurs illusoires de ce monde. Il prie souvent la Vierge sainte de lui montrer le chemin du salut. Sous son inspiration, peu après, il se présente au couvent des Servites à Sienne. Ayant revêtu l'habit servite, il se consacre à son service. Profondément lié aux bienheureux Joachim et François de Sienne, il s'engage totalement dans la vie religieuse des Servites.

Quelques années plus tard, il est renvoyé à Forli. Il est remarquable dans l'observance monastique: prière des heures, méditation de la Parole du Seigneur, veilles, jeunes. Il est remarquable aussi par son amour pour les pauvres et ceux qui sont dans la détresse. Pour eux, il obtient parfois des faveurs du Seigneur. On rapporte même que, durant une terrible famine, il multiplia le pain et le vin.

Mais, il se distingue surtout par sa vie de pénitence. Il songeait avec regret aux fautes qu'il pensait avoir commises et s'en accusait fréquemment au prêtre. Il soumettait son corps à toutes sortes d'austérités. Quand il se sentait fatigué, il s'appuyait seulement aux stalles du chœur ou au mur. Quand il était accablé de sommeil, il dormait sur la terre nue.

A cause de l'austérité de sa vie, vers 60 ans, il est atteint d'u1cères variqueux qui dégénérèrent, à la jambe droite en cancer. Vu l'importance du mal, le médecin Paul de Salace vient rendre visite au courageux serviteur de Dieu. Avec le consentement de tous les frères, il décide de l'amputer sans délai. La nuit précédant l'opération, Pérégrin se traine devant le crucifix de la salle de chapitre pour y prier. S'étant endormi de fatigue, il lui semble que le Seigneur Jésus descend de la croix et lui guérit la jambe. Au matin, le médecin qui vient pour procéder à l'amputation, ne trouve plus trace ni de plaie ni de cicatrice. Stupéfait, il répand dans toute la ville la nouvelle de cette guérison miraculeuse. Ce fait accroit encore la vénération dont on entourait Pérégrin.

En 1345, à 80 ans, il est atteint d'une forte fièvre, il rend son âme à Dieu. Auprès de son cercueil, se pressaient en foule, les habitants de la ville et des alentours. On raconte que quelques malades, par son intercession, y recouvrèrent la santé.

Son corps repose à Forli, dans l'église des Servites, où les fidèles viennent en grand nombre le vénérer. Pérégrin fut béatifié par Paul V en 1609 et canonisé par Benoit XIII en 1726.

 

 

Oraison,

Seigneur, tu nous as donné en saint Pérégrin un modèle de pénitence et de patience; accorde-nous, à sa prière et à son exemple, de supporter avec courage les peines de cette vie et de marcher avec joie vers la récompense promise Par Jésus.

 

 

SAINTE JULIENNE FALCONIERI

 19 juin

 

Née à Florence, Julienne est attirée para la sainteté de nos premiers frères Fondateurs. Pour partager leur esprit et leur genre de vie, elle se donne au Seigneur dans la prière, la pénitence et les œuvres de charité. Elle est parmi les premières femmes à porter le manteau des Servites, ce qui leur a valu d’être appelées « Mantelées ».

De sa vie, on retient particulièrement sa dévotion à la Mère du Seigneur et son amour de l’eucharistie. Sur son lit de mort, incapable de retenir aucun aliment, elle demande quand même à communier au Pain de vie.

La coutume médiévale, dans un tel cas, permet qu’on dépose l’hostie sur le cœur de la malade. C’est ce qu’a fait le prêtre en prière auprès d’elle. On raconte que l’hostie –Corps du Christ- demeura introuvable, comme si elle était mystérieusement pénétrée en elle. Marquée para les prières, les veilles et les jeunes toute la vie de sainte Julienne était devenue offrande et communion au Seigneur.

 

MERE ET MODELE DES SOEURS ET MONIALES DE L'ORDRE DE NO TRE DAME.

Julienne naquit à Florence au 13e siècle, alors que vivaient encore quelques-uns des frères fondateurs de notre Ordre. Elle appartenait, dit-on, à la famille Falconieri.

Fr Paolo Attavanti, au 15e siècle, recueillit les traditions orales concernant la sainte de Florence et les consigna dans deux écrits:"Dialogus deorigine ordinis Servorum " et "Paulina praedicabi­lis». Il raconte que Julienne, à quinze ans, ayant entendu saint Alexis prêcher sur le jugement dernier, fut saisie d'un tel désir des choses de Dieu qu'elle se consacra totalement à la contemplation de Dieu et à l'imitation du Christ. Aussi se mit elle à fréquenter l' Ordre naissant des Servi tes. Elle éprouva tant d'admiration pour leur vie évangélique qu' elle harcela de ses prières la Reine du Ciel et ses parents jusqu' à ce qu' elle obtint de revêtir l'habit des Servites. Avec d'autres jeunes filles et de pieuses femmes, qui avaient le même désir de pénitence et de charité, elle

se retrouvait à l'église des Servites, à Cafaggio, près de la porte de la ville. Elles y assistaient aux offices, chantaient les louanges de la Vierge Marie et servaient leurs frères, surtout les pauvres. Julienne était le guide de ses compagnes qui désiraient suivre le Christ de plus près, sous la protection de Notre Dame, si bien qu'elle devint la "mère des sœurs et moniales de l' Ordre de Notre-Dame", comme nous le lisons dans la Pau­lina praedicabilis, mentionnée plus haut.

Disciple fidèle de Jésus et de sa Mère, elle triompha vaillamment de l' égoïsme, du monde et du malin. Cette toute jeune fille fut un exemple de vertu pour les adultes eux-mêmes. Sa sainteté se manifesta par des miracles durant sa vie et sûr tout à l'heure de sa mort. En effet, affaiblie par les ci lices, les veilles, les prières et les jeunes, elle gisait, malade, et ne retenait aucun aliment. Alors, dans son désir de recevoir le corps du Christ, Julienne demanda instamment qu'on dépose la sainte hostie sur son cœur. Ce réconfort était accordé au Moyen Age aux malades qui désiraient communier et ne le pouvaient pas en raison de leur maladie. Le prêtre disait alors une prière demandant à Dieu, qui a uni l' âme au corps, de sanctifier l' âme du malade par le corps du Christ. Ayant obtenu cet te faveur, Julienne mourut très paisiblement. Selon une vénérable tradition, on ne retrouva pas l'hostie, comme si elle avait miraculeusement pénétré en elle. Les restes de sainte Julienne sont conservés à Florence, dans la basilique de la Santissima Annunziata. Clément XII la canonisa en 1737.

Au cours des siècles, beaucoup de femmes ont adopté la forme de vie des Serviteurs de Sainte Marie, pour suivre le Christ et servir sa Mère. Elles

vivent soit en restant dans le monde, soit réunies en communautés. Après Notre Dame, c'est sainte Julienne qu'elles prennent pour guide de leur vie spirituelle et de leur activité apostolique et, bien que la sainte de Florence n'ait fondé aucune famille religieuse, elles l'invoquent et la vénèrent comme leur "mère".

Décédée en 1341, elle est canonisée para Clément XII en 1737. Au cours des siècles, elle est reconnue comme l’initiatrice, voire la fondatrice, des communautés féminines de l’Ordre et comme leur modèle de vie.


 

SAINTE CLELIA BARBIERI

Fondatrice des sœurs Minimes de Notre-Dame des Douleurs

 13 juillet

Clélia naît à Le Budrie de San Giovanni in Persiceto, près de Bologne, au nord de l’Italie, le 13 février 1847. Orpheline de père à l’age de hit ans, elle connaît toute jeune la misère. Elle ne peut même pas achever son instruction élémentaire. Douée d’une sensibilité religieuses précoce, elle s’engage très tot au service de Dieu et du prochain, en enseignant le catéchisme et en venant en aide aux pauvres. Le 1er mai 1868, à 21 ans, riche de sa foi bien que privée de ressources, elle réunit autour d’elle trois compagnes dans une maison prés de l’église paroissiale. Ainsi apparaît une nouvelle famille religieuse qui s’occupe d’éduquer la jeunesse et d’assister les laissés-pour-compte. A Peine deux ans plus tard, le 13 juillet 1870, elle meurt, atteinte de tuberculose. C’est Paul VI qui la béatifie le 27 octobre 1868, et canonisé 2001.

 

DIEU CHOISIT CE QU'IL Y A DE FAIBLE DANS LE MONDE

 Clelia naquit au village de Le Budrie, au diocèse de Bologne, le 13 février 1847, de Giuseppe Bar­bieri et de Giacinta Nanetti, des parents profondément chrétiens. Par le travail de leurs mains, ses parents et ses proches gagnaient juste de quoi vivre pauvrement. Du fait de leur grande misère, ils étaient souvent malades. A 8 ans, Clelia perdit son père, victime du choléra.

Toute enfant, elle apprit de sa mère, non seulement à coudre et à filer la laine, mais surtout à aimer Dieu et à vivre saintement. Bien des fois elle demanda à sa mère: "Parle-moi de Dieu" ou

Bien "Que dois-je faire pour etre une sainte?". Elle allait souvent prier à l' église et avec ardeur apprenait le catéchisme. Elle était d'une nature paisible et douce et d'une extraordinaire transparence d'âme. Si elle tissait du chanvre en mettant beaucoup de soin à son travail et si sa mère lui disait de se hâter, elle répondait: "Mère, nous recevons un salaire pour ce travail, il faut le faire soigneusement".

Elle alimentait son âme et son esprit de lectures spirituelles: surtout la "Pratique de. l'amour de

Jésus Christ", de saint Alphonse de Ligouri, et la "Philotée" de Giuseppe Riva. Don Gaétan Guidi, curé de Le Budrie, fut pour elle un père spirituel remarquable, dont les conseils lui firent faire de grands progrès dans l'amour de Dieu et la perfection chrétienne.

Encouragée par cet homme de Dieu et poussée par sa nature généreuse elle désira se donner toute entière au service de Dieu et au bien de ses frères. C'est pourquoi, avec d'autres jeunes filles du village, elle se dépensa à aider les pauvres et à enseigner le catéchisme aux enfants. Le dimanche, après les vêpres, elle rencontrc.it trois compagnes et, ensemble, elles parlaient de Dieu. Peu à peu, se forma en elle le projet de vivre ensemble. "Nous sommes si pauvres, disait Clelia, qu'on ne nous acceptera dans aucun Institut. Réunissons-nous donc et vivons er commun pour ne nous occuper que de Dieu et du prochain".

Ainsi, le 1er mai 1868, ces quatre jeunes filles, ne comptant que sur Dieu, vinrent habiter ensemble dans une pauvre maison, appelée communément la "Maison ou maitre". Là, elles fondèrent une maison d'accueil normée l' "ermitage de La Bu­drie", que l'on considère à bon droit comme le berceau de la Congrégation des Minimes de Notre Dame des Douleurs. Leur but fut d'abord d'accueillir de petites filles abandonnées ou négligées de leurs parents, de leur donner une éducation morale et de les former aux travaux féminins.

Peu après, lors d'une retraite, Clelia rédigea une règle de vie commune, basée sur l'oraison,

le sacrifice, le travail et la charité. Le groupe des sœurs choisit pour patronne Notre Dame des

Douleurs dont le culte était répandu dans le diocèse de Bologne par les frères Serviteurs de Marie, et pour patron saint François de Paule, le plus petit parmi les plus petits serviteurs de Dieu, don t elles imploraient le secours dans toutes leurs difficultés. A la tète du petit groupe, Gaetano Guidi plaça Clelia que Dieu favorisait de grâces surnaturelles, comme en témoigne l'écrit que nous possédons, rédigé de sa main, une lettre à "Jésus, le doux Époux".

Tandis que l' âme de forte trempe de Clelia progressait sur le chemin de la sainteté, les premiers symptômes de phtisie apparurent dans son corps affaibli. Elle resta alitée pendant sept mois, jusqu'au 13 juillet 1870 où, après avoir prononcé ces derniers mots: "Courage! je vais au

ciel mais je serai t0ujours avec vous et ne vous abandonnerai jamais", elle s'endormit dans le Seigneur. Au premier anniversaire de sa mort, ses compagnes étaient réunies pour prier dans sa chambre. On entendit une voix qui se mêlait aux prières des sœurs. Tous les assistants y reconnurent celle de Clelia qui réalisait ainsi sa promesse.

Du petit groupe réuni au village de Le Budrie a pris naissance la Congrégation des Minimes de Notre Dame des Douleurs. Paul VI a béatifié Clelia en 1968. Son corps est pieusement conservé dans l' oratoire de la première maison de la Congrégation.

Oraison

Dieu qui assistes et élèves les humbles de cœur, para la sainte Clélia, tu as fait naître dans l’Eglise une nouvelle famille religieuse ; nous t’en prions : accorde-nous de servir dans l’humilité sur la terre afin de prendre place à la table de ton Royaume.

 

 

SAINT PHILIPPE BENIZI

Propagateur de l’Ordre des Serviteurs de Marie.

 23 août

 

 

Philippe naît à Florence au début du XIII ième siècle. Docile à la voix de l’Esprit, il laisse les études et son engagement chrétien dans le monde pour suivre le Christ, à l’exemple de Marie, l’humble servante du Seigneur.

Il entre donc dans la famille de ses serviteurs, alors à ses débuts. Il demande à être accueilli comme frère «convers » ou « oblat », c’est-à-dire à assumer comme laïc, les engagements de la vie fraternelle sans pour autant franchir les étapes de la formation religieuse.

Un tel choix impliquait le refus des responsabilités à l’intérieur de l’Ordre et du sacerdoce dans l’Eglise. Ce pendant, étant donné sa vaste culture et ses aptitudes pour le ministère, il est invité par ses frères à compléter sa formation à la vie religieuse et à recevoir l’ordination sacerdotale. En 1267, il est élu prieur général. Il gouverne avec sagesse l’Ordre jusqu’à sa mort, en 1285, dans le couvent le plus pauvre, à Todi.

Les Servites lui doivent la reconnaissance, par l’Eglise, de leur famille religieuse et la rédaction de leurs plus anciennes Constitutions ou Règle de Vie. Philippe est le premier frère de l’Ordre à être canonisé, le 11 avril 1671 par le pape Clément X. Une statue érigée sur la colonnade de Saint-Pierre de Rome, au milieu à gauche, le représente.

 

Lumière placée sur le lampadaire de l’Ordre

Ce que nous savons de la vie du bienheureux Philippe est surtout tiré de la Legenda de origine Ordinis et de la Legenda beati Philippi qui ont été rédigées peu après 1317. Les historiens de

l'Ordre y reconnaissent certes quelques foirettes du genre hagiographique, mais ils attachent pourtant une grande importance à ces Legendae parce qu'elles rapportent les témoignages de personnes proches de saint Philippe.

Philippe, de la famille des Benizi, naquit à Florence, au début du 13e siècle, à l'époque où apparut l'Ordre des frères Serviteurs de Sainte Marie. Dans sa jeunesse, il avait étudié la médecine et la théologie. Son amour de Dieu était tel qu' i l observait fidèlement ses commandements, mortifiait son corps, secourait les pauvres du Christ et s'adonnait à la prière, spécialement à la récitation quotidienne de l'Office de la Vierge. Insatisfaites joies du monde et désirant servir le Seigneur, un jeudi de Pâques, il méditait dans l'église des Servites de Florence sur ces paroles de la liturgie du jour: "L'Esprit du Seigneur dit à Philippe: Avance et rejouions ce char". Il considéra cet appel comme lui étant adressé personnellement et il décida de se joindre au char de la Vierge dans l'Ordre de ses Serviteurs. Accueilli par frère Bonfils prieur du Couvent, i l reçut le saint, A habit de l'Ordre. Par humilité, il voulut être frère convers. Mais il plut au Très-Haut de révéler à ses frères sa sagesse éminente. En esprit d'obéissance, il reçut donc l'ordination sacerdotale.

Au chapitre de Florence, en 1267, après la démission de frère Manet, il fut élu prieur général. Il fut ensuite confirmé dans cette charge pendant 18 ans, presque jusqu' à sa mort, bien que, par humilité, il demandât à chaque année d'en être libéré. Bon pasteur et serviteur fidèle de Marie, il gouverna avec sagesse l'Ordre de Notre Dame. Par sa sainteté, il le rendit célèbre. Au prix de voyages parfois pénibles, il rendit à ses couvents des visites fraternelles. Lors de l'une de ces visites, les frères d' Arrezzo souffraient de la famine à la suite des dévastations de la guerre. Ayant invoqué la miséricordieuse Mère des Ser­vites, Saint Philippe les nourrit d'un pain mira­culeusement déposé à la porte. Il réordonna, compléta et promulgua les décrets des chapitres généraux antérieurs. En vertu d'un décret du second concile de Lyon, l'Ordre était menacé de suppression. Philippe se rendit à la Curie romaine. Fort du conseil de juristes et aidé du bienheureux Lothaire, il le défendit si bien qu' il prépara les voies à son approbation définitive. Pour toutes ces raisons, il fut considéré à juste titre comme le "Père de notre Ordre".

A l'exemple des Apôtres, il travailla à répandre la Parole de Dieu et à apaiser les discordes. Il convertit beaucoup de gens de l' amour du monde à une vie plus parfaite. Il entraina même certains avec lui jusqu'a une sainteté éminente. Il rendit la santé à un lépreux en le couvrant de son vêtement. Frappés par ce miracle, plusieurs cardinaux, lors d'une vacance du Siège apostolique, l'auraient proclamé digne du souverain pontificat. A Todi, en les exhortant paternellement et en les aidant d'une aumône, i l persuada deux femmes de mauvaise vie de renoncer au péché pour l'amour de la Mère de Dieu. S'~tant converties, par la grâce du Saint Esprit, elles s'engagèrent, avec l'aide de Philippe, sur le chemin de la sainteté. Toujours à Todi, en 1285, au jour octave de l'Assomption, il reçut les derniers sacrements et exhorta ses frères à la charité. Étreignant son Seigneur crucifié, Livre vivant duquel il avait beaucoup appris, il s'envola vers le ciel. Son corps, plusieurs fois transféré, est conservé avec honneur dans l'église Notre Dame des Grâces à Todi. Clément X le canonisa en 1671.

Oraison

Dieu qui élèves les humbles, tu as veillé avec amour, par saint Philippe, sur la famille des serviteurs de sainte Marie, tu l’as affermie par de sages lois ; accorde-nous de suivre son exemple, de servir avec fidélité la Vierge Marie et d’annoncer avec l’ardeur des Apôtres l’Évangile de ton Fils. Lui qui règne.