BIENHEUREUX ET BIENHEUREUSES DE L'ORDRE
B. JACQUES DE VILLA B. JOACHIM DE SIENNE B. ELISABETH PICENARDI B. BENINCASA B. FRANCOIS DE SIENNE B. JACQUES-PHILIPPE BERTONI B. THOMAS D’ORVIETO B. FERDINANDO M. BACCILIERI B. UBAL DE BORGO SAN SEPOLCRO B. ANDRE DE BORGO SAN SEPOLCRO B. JEANNE DE FLORENCE B. BONAVENTURE DE FORLI B. MARIA GUADALUPE RICART OLMOS B. JEAN-AGE PORRO B. JEROME DE SANT’ANGELO IN VADO B. BONAVENTURE DE PISTOIE
15 janvier
Jacques naît à Città della Pieve vers 1270.
Versé dans le droit, il se fait le défenseur
des pauvres et des opprimés. A ses
frais, il restaure l’église et l’hôpital situés près de la porte de Vecciani. Il
y accueille des malades et des pauvres qu’il sert avec grande charité.
Défendant les droits des pauvres, il est pris en haine par un riche puissant qui le fait tuer dans un guet-apens en 1304. Ses concitoyens le surnommèrent l’ »Aumônier ». Pie VII approuva son culte en 1806.
«Défenseur des pauvres et des opprimés»
Fils d'Antoine de Villa et de Mostiola, Jacques nait vers 1270 à Citta della Pieve, en Ombrie. Dès; l'enfance, il se montre plein de foi et de piété. Il se rend souvent à l'église des frères Servites, proche de la maison de ses parents. Il aime assister aux offices liturgiques. Comme le font supposer plusieurs indices, il étudie à Sienne les lettres et le droit et, en peu de temps, maitrise ces deux disciplines.
Dès cette époque, il prend soin des pauvres et des malades et il devient le défenseur des orphelins, des veuves et des faibles. Il ne ménage ni sa peine, ni son argent. Plus tard, pour s'attacher plus étroitement au Seigneur et à son commandement, il décide de donner tous ses biens aux pauvres et de se consacrer entièrement au service des malades. L'auteur de sa très ancienne «vie» ou «Légende» rapporte ce témoignage de la grande charité de Jacques. Il n'hésite pas à dire de cet homme de Dieu ce que nous lisons dans nombre de vies de Saints: «Ayant entendu à la messe les paroles du Seigneur: "Si quelqu'un vient à moi sans me préférer à son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères et ses sœurs, et même à sa propre vie... et ne renonce pas à tous ses biens, il ne peut pas être mon disciple" (Le 14, 26.33). Jacques frappé comme si c'était la voix de Dieu, quitte tout et s'engage au service de Dieu et du prochain». Bien que ce récit soit à considérer comme un lieu commun de l'hagiographie et soit donc dépourvu de toute valeur historique, il est pourtant l'indice de la réputation de sainteté qui, dès cette époque, entourait le bienheureux Jacques.
A ses frais, il restaure l'hôpital et l'église de la Porte de Vecciani qui s'écroulaient. Dans l'hôpital, il accueille les plus abandonnés qu'il servait avec une charité extraordinaire. Il les nourrissait, soignait leurs plaies et leur rendait les plus humbles services. L'évêque de Chiusi, puissant seigneur du lieu, décide d'usurper les biens de l'hôpital. Jacques défend avec succès les droits des pauvres auprès des juges de la Curie romaine. Alors, l'usurpateur invite Jacques à venir chez lui à Chiusi, sous prétexte de régler le différend. Mais sur le chemin de retour, il le fait assassiner. Ainsi, Jacques, le défenseur des pauvres et des opprimés, meurt en 1304. li confirme de son sang le témoignage rendu à la justice et la charité.
Quelques lettres et documents et d'anciennes représentations du bienheureux Jacques, semblent attester que cet homme de Dieu était membre, non seulement de la Société de l'Habit des Servites, mais aussi du Tiers-Ordre des Frères Mineurs, et des oblats de l'hôpital Sainte Marie de la Scala à Sienne; chose qui se produisant fréquemment à cette époque.
La Sacré congrégation des Rites approuva en 1806 le culte du bienheureux Jacques. En 1846 le Souverain Pontife Pie IX accorda à tout l'Ordre Servite la faculté de célébrer la messe et l'office du bienheureux.
Oraison
Seigneur, entraîné para amour, le bienheureux Jacques n’a pas redouté d’affronter la mort pour défendre le droit des pauvres; accorde-nous d’être forts devant les difficultés et de travailler pour la justice et la charité. Par Jésus.
3
fevrier
Joachim naît à Sienne vers 1258. A l’age de 13 ans, il est reçu par Saint Philippe dans l’Ordre des Servites. Il vit aux couvents de Sienne et d’Arezzo.
Il est un modèle d’humilité, de charité et de profonde dévotion envers la Mère du Seigneur. Il aime à tel point son prochain qu’il demande au Seigneur et obtient la grâce de prendre sur lui la maladie d’un épileptique qu’il n’arrivait pas à réconforter par ses paroles.
Il meurt en 1405. En 1609, Paul V concéda à notre Ordre l’office et la Messe du bienheureux Joachim.
De la vie et de la «Legenda» du bienheureux Joachim de Sienne le porte en mon corps la marque des souffrances du Christ.
Joachim nait à Sienne. Son père et sa mère appartenaient à de nobles familles de la ville. Encore enfant et écolier, il manifeste un amour tout particulier pour la Mère de Dieu. En son nom, il donne en aumône à ceux qui le sollicitaient tout ce qu'il pouvait prendre en cachette dans la maison de ses parents. Par son excellente nature et sa dévotion envers la Vierge, il apparaissait déjà à tous comme un saint. Presqu'en présageant l'avenir, on disait: «Si cet enfant vit, il sera un grand saint».
A quatorze ans, il voit en songe la Vierge Marie qui lui dit: «Cher enfant, viens à moi. l'ai vu combien tu m'aimes. C'est pourquoi, je te prends pour toujours à mon service». A son réveil, le saint enfant fut tellement frappé par cette extraordinaire vision de la Vierge qu'il décida d'entrer dans l'Ordre de ses serviteurs.
Au couvent de Sienne, se trouvait alors le prieur général de l'Ordre, Philippe, témoin et lumière du Christ, père d'une grande sainteté. Il reçoit l'enfant et lui demande quel nom il veut porter. Poussé par sa dévotion envers la Vierge, il demande de s'appeler Joachim. Prenant ainsi le nom du père de sainte Marie, il lui serait toujours uni de corps et d'esprit. Dans le monde, il s'appelait Clairmont.
Une fois entré dans l'Ordre, Joachim, le Serviteur de Dieu, se donne totalement à une vie d'humilité profonde. Malgré ses nobles origines et son jeune âge, il cherche à accomplir les humbles travaux et les emplois méprisés, comme s'il était dans la pleine force de l'âge. Il se montre compatissant pour les affligés, sert les malades et rend avec amour de ses propres mains les services qui répugnent aux autres.
Il aime particulièrement l'obéissance qu'il appelle la nourriture de l'âme, suivant la parole du Seigneur: «Ma nourriture, c'est de faire la volonté de mon Père qui est aux cieux» (Jn 4, 34).
Il est envoyé par saint Philippe au couvent de la ville d'Arezzo. Il y était depuis déjà un an, quand arrive cet événement. Un jour, il part en voyage avec le frère Aquisto d'Arezzo, homme très connu. Comme la nuit était tombée et qu'il pleuvait très fort, ils se réfugièrent dans un hospice. Or, il s'y trouve un infirme affligé depuis longtemps d'une grave maladie. L'entendant gémir de douleur, le bienheureux Joachim lui dit: «Frère, prends patience, car cette maladie t'apportera le salut». «Frère, répond celui-ci, il est plus facile de louer la maladie que de la supporter». Joachim réplique: «Je supplie le Dieu Tout-puissant de te délivrer de ce mal et de me l'imposer à moi, son serviteur, pour n'en être libéré qu'au moment de la mort, afin que je porte toujours en mon corps la marque des souffrances du Christ». L'autre se lève sur-le-champ, parfaitement guéri. Mais le saint frère est aussitôt frappé d'épilepsie. Il en souffrira cruellement tout au long de sa vie, et y gagnera presque la couronne du martyre.
Il plait au Très-Haut de lui donner aussi une autre couronne. En effet, il se trouve affligé d'une seconde maladie. Les chairs de certaines parties de son corps étaient rongées jusqu'à 1'0s et il en sortait constamment des verso li faisait tous ses efforts pour le cacher à ses frères. Lorsque ceux-ci s'en aperçoivent, ils en éprouvent une grande peine. Ils lui demandent de prier pour être délivré de telles souffrances. Mais lui répond: «Mes frères, cela n'est pas dans mon intérêt. Car cette maladie me purifie de mes péchés et donne la puissance du Christ, selon la Parole de l'Apôtre: "Lorsque je suis faible, c'est alors que je suis fort" (2Co 12, l0).»
Quand le Seigneur lui fait comprendre que le temps de sa mort approche, il prie le Très-Haut de le rappeler le jour même où le Sauveur quitta ce monde. La veille de son départ de cette terre, le Jeudi-Saint, il fait assembler tous ses frères. Il leur dit: «Chers frères, depuis trente-trois ans je vis avec vous. C'est le temps que le Seigneur a passé sur la terre. l'ai reçu de vous beaucoup d'égards. Vous m'avez servi avec dévouement dans tous mes besoins. Je suis incapable de vous remercier comme il convient pour tout ce que j'ai reçu. Que le Seigneur Jésus Christ vous re merci e lui-même et qu'il vous récompense pour tout le bien que vous m'avez fait. Demain, je vais vous quitter. le vous demande donc de prier le Seigneur pour moi afin qu'il donne une place en sa demeure au pécheur que je suis. Avant mon départ, je voudrais faire avec vous un geste d'amitié». Alors il boit avec eux un peu de vin.
Comme on allait célébrer la Passion, le Vendredi-Saint, il demanda le Prieur et lui dit: «Père, le Seigneur va bientôt me rappeler de ce monde. Rassemblez les frères autour de moi, car
je ne veux pas partir sans les avoir vus, et donnez-moi les sacrements de l'Église, bien qu'hier j'ai reçu avec vous le Corps du Seigneur». Le prieur, ne croyant pas beaucoup en ses paroles, mais ne voulant pourtant pas les négliger complètement, laisse auprès de lui quatre frères. Joachim se mit alors à prier sans arrêt. Puis, alors qu'on chantait la Passion et qu'on arrivait aux mots: «Inclinant la tête, il remit l'esprit» (1n 19,30). il lève les yeux et réconforté par la présence de ses frères, il rend son esprit au Très-Haut, son Créateur.
Oraison
Seigneur, tu as fait du bienheureux Joachim un disciple de ton Fils et de sa Mère, et tu lui as appris à servir avec douceur ses frères jusqu’à prendre sur lui leurs peines et leurs maladies; à sa prière, accorde-nous de savoir supporter nos faiblesses et de partager les souffrances des autres. Par Jésus.
BIENHEUREUSE ELISABETH PICENARDI
19
février

Elisabeth naît à Crémone vers 1428. Demeurant près de l’église des Servites, elle a souvent l’occasion de rencontrer les frères de notre Ordre, dont elle revêt l’Habit.
Elisabeth rend témoignage par son amour de la Vierge Marie, sa chasteté sa pénitence, son esprit de prière et son amour de l’Eucharistie. Elle meurt en 1468, Pie VII approuva son culte en 1804.
Veillant dans la prière et la pénitence, elle attendait le Seigneur.
Élisabeth nait probablement à Crémone, vers 1428 de Leonardo Picenardi et Paula de Nuvoloni. Peu après sa naissance, son père déménage avec sa famille à Mantoue pour ètre au service du marquis de Gonzague. Élisabeth est donc élevée dans cette ville. Elle demeure dans une maison proche de l'église Saint-Barnabé desservie par les frères Serviteurs de Marie de l'Observance. Elle a donc souvent l'occasion de rencontrer des membres de notre Ordre, ce qui sans aucun doute influence sa formation spirituelle de jeune fille.
Comme son père voulait la marier à l'un des princes de la ville, Élisabeth, qui désirait garder la virginité, refuse ce mariage. A l'âge de vingt ans, elle se consacre à Dieu et revêt l'Habit des "Mantelées", comme on disait alors. D'abord, dans la maison paternelle, elle mène une vie quasi religieuse. Puis, à la mort de son père, elle va vivre chez sa sœur Orsina. Jusqu'à sa mort, elle demeure chez elle, non loin de l'église des Servites, dans une cellule qui lui était réservée.
Élisabeth rend témoignage par son amour de la Vierge Marie, sa chasteté, sa pénitence, son esprit de prière et son amour de l'Eucharistie.
Elle est tellement attachée à la Mère du Christ qu'elle décide de garder la virginité à son exemple. Dans sa dernière agonie, elle remercie Dieu et la Vierge de mourir en ayant gardé la virginité qu'elle estime tant. Bien qu'accablée de plusieurs maladies, elle s'impose de rudes pénitences, portant continuellement un cilice et une chaine de fer.
Dans la veille et la prière, elle attend le Christ, son Époux. Elle chante les louanges de Dieu et intercède pour le salut des hommes, en célébrant l'Office divin, (liturgie des Heures), répandu par les frères mendiants.
Contrairement à l'usage de son temps, elle communie souvent des mains du frère Barnabé de Mantoue. Vers la fin de sa vie, elle reçoit tous les jours le sacrement de Pénitence.
Sa réputation de sainteté se repend si bien que ses concitoyens viennent la consulter. Leur ayant souvent obtenu des faveurs de Deu par l'intercession de Notre Dame, elle est considérée comme leur porte-parole auprès de la Mère de Dieu.
Plusieurs jeunes filles suivent son exemple et imitent son mode de vie. Elles constitueront plus tard un groupe du Tiers-Ordre régulier.
Favorisée du don de prophétie, Élisabeth prédit le jour et l'heure de sa mort. Avant de s'en aller vers le Seigneur, raconte l'auteur de sa Legenda, alors qu'elle souffre de violentes douleurs, on la voit réconfortée comme par une vision de Jésus et de sa Mère et par une musique céleste.
Elle manifeste de diverses manières son amour de l'Ordre. En particulier, un an avant sa mort, le 19 février 1468, elle lègue par testament aux frères du couvent de saint Barnabé le bréviaire dont elle se servait pour célébrer la louange divine et une somme de 300 ducats.
D'abord enseveli dans un sépu1cre de l'église Saint-Barnabé, son corps est transféré, après la destruction du couvent, au village de Tordei Picenardi, dans la région de Crémone. Le Pape Pie VII, en 1804 accorde à tout l'Ordre des Servites la faculté de célébrer la messe et l'office de la Bienheureuse.
Oraison
Seigneur notre Dieu, pendant son séjour sur terre, tu as accordé à la bienheureuse Elisabeth d’être soutenue par la Mère de ton Fils; par ses prières et à son exemple, donne-nous d’être fidèles à ton service, et reconnaissant pour ton amour. Par Jésus.
11
mai

Bénincasa naît á Montepulciano vers 1375. Encore jeune, il entre chez les Servites. Apres sa profession, il se retire pour le reste da sa vie dans l’ermitage de Montepulciano, près de Sienne. Il y mène une vie de solitude et de pénitence, adonné à la prière et à la contemplation, et gagnant sa nourriture frugale par le travail de ses mains. Il était admiré de tous pour sa sainteté et pour ses prodiges que, para son intercession, Dieu opérait en faveur des « possédés » et des malades. Il meurt à l’age de 50 ans. Pie VIII approuva son culte en 1829.
«Il se retira dans la solitude pour goûter la bonté et la douceur du Christ.»
Bénincasa nait vers 1375, probablement à Montepulciano. Encore adolescent, il revêt l'habit des Serviteurs de sainte Marie. A 25 ans, il se retira dans une grotte du Mont Amiata, dans la région de Sienne, près de l'endroit ou, dit-on, saint Philippe mena pendant un certain temps la vie de pénitence.
Benincasa est un bel exemple' des ermites épris de silence et de solitude et adonnés à la contemplation, que l'Esprit saint suscita fréquemment dans l'Ordre des Servites. Bien que menant une vie solitaire, ils conservaient cependant avec l'Ordre des liens de fraternité et de vie religieuse.
Fra Michaele Poccianti, (Chronicon rerum Ordinis Servorum beatae Mariae Virginis 1567) dans son récit de la vie du Bienheureux Benincasa, nous raconte entre autre ceci: «Quand il était assailli par la tentation, il suppliait Dieu, non pas de lui épargner la lutte, mais de lui donner la force. Malade, il ne permettait à personne de lui rendre visite, disant: "Ce feu a été allumé en moi pour détruire la rouille". Il ne voulait pas accepter les aumônes des gens qui le visitaient. Il se contentai t d'une bouchée de pain et d'un peu d'eau. Il disait: "Notre adversaire se laisse plus facilement vaincre par ceux qui ne possèdent rien". A ceux qui lui procuraient ce qui était nécessaire à sa subsistance, il offrait des objets fabriqués de ses propre mains». Si l'on fait abstraction du style particulier et enjolivé de l'hagiographe, on voit se profiler c1airement la figure du solitaire, adonné à la prière et à la pénitence et gagnant sa nourriture frugale par le travail de ses mains.
Il meurt en 1426, à 50 ans. Son corps fut enseveli avec honneur dans l'église Saint-Martin, à Montichiello, non loin de la grotte où vivait le Bienheureux. En témoignage de reconnaissance, le peuple construisit tout près le Couvent des Servites. Après plusieurs translations, les restes du bienheureux Benincasa sont maintenant conservés dans l'église paroissiale saint Léonard. Pie VIII confirma son culte en 1829.
Oraison
Dieu qui a inspiré au bienheureux Bénincasa d’imiter ton Fils para une vie de solitude et de travail, accorde-nous, par la prière et la pénitence, d’être fortifiés et libérés pour vivre l’engagement évangélique. Par Jésus.
BIENHEUREUX FRANCOIS DE SIENNE
12
mai
François naît à Sienne en 1266. Poussé par son amour de la Mère
du Seigneur, il entre dans l’Ordre des frères Serviteurs de sainte Marie l’age
de 22 ans. Trois ans plus tard, il est ordonné
prêtre. Dans la vie fraternelle,
on voit croître les vertus qui brillaient déjà en François quand il était dans
le monde ; attention aux siens, amour de la pénitence et de la pauvreté,
humilité du cœur, garde de la chasteté, patience dans les difficultés, dévotion
filiale envers Marie qu’il appelle sa « Dame ». Homme de Dieu, il se distingue
particulièrement para sa charité envers tous, par son grand souci d’annoncer la
Parole de Dieu et para la sagesse de ses conseils spirituels. Il trouve la mort
en 1328. Le pape Benoît XIV confirme son culte en 1743.
«Un homme qui a fait ses preuves et qui trace tout droit le chemin de la Vérité»
Le bienheureux François nait en 1266 à Sienne, de parents très pieux. Nous lisons ceci chez Christophe de Parme qui fut son confrère et son père spirituel. Tout enfant, il commence à visiter les églises et devient un auditeur assidu de la Parole de Dieu. Il s'emballe pour la prédication du célèbre frère Ambroise Sansedonius. Frappé par la manière avec laquelle il avait loué la va1eur d'une vie passée dans le silence et la solitude, il décide de se retirer dans la solitude. Son amour pour sa mère aveugle, don t il s'occupe avec dévouement, le retient. A 22 ans, après la mort de celle-ci, alors qu'il pouvait satisfaire son grand désir de solitude, il lui semble entendre une voix qui lui disait intérieurement qu' «on ne pèche pas en fréquentant les hommes, mais en imitant leurs vices». Il comprend qu'il plairait à Dieu s'il ramenait les hommes dans le chemin de la jusice en leur annonçant la Parole du salut et en leur offrant l'exemple de sa vie.
Depuis l'enfance il avait choisi «la Vierge pour Mère et Reine». li lui avait toujours manifesté une grande dévotion dans son cœur et sa conduite. Il demande don c et obtient d'être reçu dans l'Ordre des Serveurs de sainte Marie.
Dans la vie fraternelle, on voit croitre encore les vertus qui brillaient déjà en François quand il était dans le monde: charité envers tous, attention aux besoins de ses frères et des plus pauvres, amour de la pénitence et de la pauvreté, humilité du cœur, garde de la chasteté, patience dans les difficultés dévotion filiale envers Marie qu'il appelle sa Dame et qu'il invoque fréquemment.
Ordonné prêtre, il manifeste un amour particulier pour l'Eucharistie. En la célébrant, il est rempli d'une telle joie et d'un tel bonheur «qu'on disait, écrit son biographe, qu'il voyait, sans le voile des sacrements, le Christ incarné dans la gloire».
Il a un grand souci d'annoncer aux fidèles la Parole de Dieu; pour le faire avec plus de fruit, il s'applique à la prière plus qu'à l'étude des livres, car il était persuadé que ce n'est pas par l'érudition mais par la piété, non par la science mais par la conscience, non dans les lois, mais par la charité que s'apprend la théologie.
Il se montre si bon quand il administre le sacrement du Pardon, donne des conseils spirituels, apaise les différends, secoure les pauvres ou soigne les malades, qu'hommes et femmes de tous âges et de toutes conditions viennent en grand nombre le trouver.
A 1'âge de 63 ans, peu avant 1'Ascension du Seigneur, il sent que l'heure de sa mort approche. Comme un voyageur sur le départ, il met alors en ordre ses livres et ses affaires, visite ses fils spirituels et les bénit. La veille de l'Ascension, il veut prendre son repas à la table commune en signe de fraternité et d'adieu.
Le jour de l'Ascension, d'après le récit de frère Christophe de Parme, il purifie son âme par le sacrement de Pénitence. Quoique sans force, il célèbre ensuite la messe. Avec la permission du Prieur, il se rend au village de Prisciano, près de Sienne, pour y prêcher la Parole de Dieu. Le même biographe a voulu, semble-t-il, exprimer le sens et le caractère de toute la vie du bienheureux François en rapportant sa mort. Elle est survenue alors qu'en cours de route il accomplit un geste de vénération envers la Vierge: «Le Serviteur de Dieu rencontre une femme inconnue qui sortait d'un village. Elle s'approche de lui avec un bouquet de roses et lui dit: "Frère François, prenez ces roses". Avec joie, le serviteur de Dieu les reçoit de ses mains. Avec le peu de forces qui lui restaient, il les porte devant l'image de la Vierge, peint~ dans un ermitage de cet endroit. Il commence l'Ave Maria. Il s'affaisse alors peu à peu sur les genoux, puis sur le côté gauche et enfin sur le bras.
Ramené mourait au couvent, François expire en présence de ses frères, le 26 mai 1328. Son corps repose à Sienne, dans la basilique Sainte-Marie des Servites. Son culte fut approuvé par Benoit XIV en 1743.
Oraison
Répands en nous, Seigneur, la piété et la bonté que tu donnas à ton serviteur le bienheureux François pour qu’il honore fidèlement la Mère du Christ et conduise ton peuple vers les réalités d’en haut. Par jésus.
BIENHEUREUX JACQUES-PHILIPPE BERTONI
30
mai
Jacques-Philippe naît près de Faenza, en ‘454.
Jeune, il entre chez les Servites. Il y brille par son esprit d’oraison, son
ardeur pour la pénitence et son amour de la Sainte Ecriture et des œuvres des
Pères de l’Eglise. Ordonné prêtre, convaincu de la valeur et de l’efficacité de
la liturgie, il célèbre les sacrements en homme de Dieu, avec piété. Dans la
célébration de l’eucharistie, il sait contempler le mystère de la croix. Il
participe assidûment à la prière et au chant de la communauté. Travailleur
infatigable, il es l’ennemi déclaré de l’oisiveté, qu’il appelle « le pire de
tous les vices ». A qui s’informe de son état de santé, il répond toujours, même
malade : « Bien, car Dieu le veut ainsi ». Il meurt en 1483. Clément XIII
confirma son culte en 1761.
De la «Vie du bienheureux Jacques Philippe de Faenza» par Nicolas Borghese
Jacques Philippe nait à Faenza de parents vertueux et de condition modeste. Avant d'entrer en religion, il s'appelle André. Il est frappé d'épilepsie à l'âge de deux ans. Son père fait vœu de l'offrir au .Seigneur s'il guérit. Dès l'enfance, il fréquente les églises. 11 ne prend pas plaisir aux amusements et aux jeux ordinaires, des enfants. De tempérament, il est très timide, silencieux et attiré par la solitude.
Alors qu'il avait neuf ans, pour accomplir son vœu, son père le confie à l'Ordre des Serviteurs de sainte Marie. René dans l'esprit et par le nom, il est appelé Jacques Philippe. Tout
jeune qu'il soit, il se distingue par son obéissance et par une observance peu commune de la Règle. Adulte, il se livre aux jeunes et aux veilles. Avec ardeur, il s'applique aussi à l'étude de l'Évangile et de la sainte Écriture. Il se nourrit surtout de la lecture assidue des vies des Pères et des exemples de chasteté, d'obéissance et d'humilité des saints. Tout jeune, il s'adonne tellement aux études littéraires qu'il comprenait les œuvres des auteurs chrétiens et des plus célèbres Latins. Il connait parfaitement les rites de l'Église et de son Ordre, les rubriques du bréviaire et il les applique soigneusement.
Il s'acquitte de quelques charges à la pleine satisfaction de ses frères. En effet, il était de caractère aimable, doux et serviable. On ne le voit jamais se troubler ou s'emporter. S'il lui arrive de recevoir des injures, il les supporte avec sérénité. Lui-même n'offense personne. Jamais il ne profère de paroles inconvenantes ni même simplement inutiles. S'il lui arrive d'entendre dans une conversation des expressions déplacées, le blâme se lit sur son visage assombri et il s'éloigne après une brève remarque.
Il est ordonné prêtre. Sa dévotion et sa vénération son extraordinaire lors de la célébration de l'Eucharistie. Personne ne contemple comme lui le mystère de la croix quand il communie au Corps du Christ. Il est ennemi déclaré de l'oisiveté, qu'il appelle le pire de tous les vices. Toujours, il participe à la liturgie des Heures de la communauté. Le reste du temps, il le passe dans sa cellule, occupé à prier ou à lire. Pour se détendre, il travaille de ses mains, de sorte qu'il s'occupe toujours à quelque chose
Il se promène d'ordinaire seul et méditatif dans les couloirs, marchant dans une attitude recueillie. Il aime lire la sainte Écriture et les œuvres de saint Jérôme, et tout spécialement l'opuscule (du pseudo-Eusèbe») sur la mort de ce saint. Progressivement, il ne médite plus que sur le ciel et se rassasie davantage des réalités spirituelles que d'aliments temporels, si bien qu'il mange seulement une fois par jour. Il se contente d'un peu de nourriture frugale. A la demande du Prieur, il mange pourtant les mets préparés pour la communauté. Mais le vendredi, en mémoire de la Passion du Seigneur, il revêt un cilice et ne prend que des légumes.
Rien ne lui fait plus horreur que les compliments. Si aux yeux de tous il est bon et juste, l'estime dont il jouit auprès de Dieu dépasse pourtant de beaucoup celle des hommes. En effet, il veut etre rejeté et méprisé des hommes à l'exemple du Sauveur. Au fond de son cœur, il ne désire que plaire en toutes choses à Dieu, son Père et Créateur, et suivre les traces du Rédempteur.
Ses derniers jours, il les passe dans la maladie. Mais son état se devin ne davantage sur son visage que dans ses paroles. A qui lui demande comment il va, il répond toujours: «Bien, car Dieu le veut ainsi». Devant la mort comme en toutes circonstances, en lui aucune impatience ni plainte. Bien que malade, il ne reste pas couché, mais va ça et là. La veille de sa mort, il se trouve au chœur avec ses frères pour chanter Matines. L'avant-veille, il avait encore célébré la messe.
Le soir précédant sa mort, il va trouver chacun de ses frères, leur demande humblement pardon et les prie de recommander son âme à Dieu dans leurs prières du lendemain, car il prévoit, dit-il, que sa fin est proche.
L'homme de Dieu retourne victorieux à la patrie céleste, âgé de 29 ans. C'était à trois heures de l'après-midi, le 25 mai, dimanche où l'on célébrait la fête de la Sainte Trinité. De taille supérieure à la moyenne, il était si maigre que la peau lui collait aux os. Il avait le visage allongé et fin, le nez plut6t long, les yeux enfoncés, le cou mince, les doigts effilés et le teint très pale.
Oraison
Dieu notre Père, tu as donné au bienheureux Jacques-Philippe, notre frère, de connaître la vérité de ta Parole et de
célébrer avec ferveur tes saints mystères; accorde-nous de te chercher toi qui
donnes la sagesse et qui répands l’amour dans les cœurs. Par Jésus.![]()
27
juin
Thomas naît à Orvieto vers 1290. Poussé par son
désir de suivre le Christ et par son
amour de la Mère de Dieu, il entre chez les
Servites. Pour être le dernier des serviteurs (Mc 9, 35), il demande et obtient
de faire partie des frères non prêtres. Pendant de nombreuses années, il va
mendier de porte en porte. Souvent, des images, anciennes et belles, de cet
humble frère servite, le représentent comme un mendiant qui offre des fruits à
une femme enceinte dans le besoin. Il s’est endormi dans le Seigneur, vers 1340,
dans sa ville natale.
Humble mendiant, bienfaiteur joyeux
Le Bienheureux Thomas naquit à Orvieto, en Ombrie, vers la fin du 13e siècle ou au début du 14e. Tous ses désirs, toutes ses pensées étaient tendus vers le Royaume. Pour y parvenir plus surement, il décida de se consacrer tout entier à Dieu dans la vie religieuse. En raison de son grand amour de la Mère du Seigneur, il demanda à entrer dans l' Ordre des Servi tes où i l fut admis. Brillaient tout particulièrement en lui les vertus d'humilité, de charité fraternelle, d'esprit de service et de miséricorde, considérées comme caractéristiques aux Servites et célébrées comme le charisme de l'Ordre. En effet, comme on le lit dans les Annales de l'Ordre, "pour être à jamais au service tout à la fois de la Vierge Marie et de ses frères", il demanda à être reçu comme frère convers.
Pendant de nombreuses années, il alla mendier de porte en porte. Dans ce rôle, il se montrait extrêmement doux, patient et charitable. Plein de compassion, il donnait avec joie aux pauvres, non
seulement ce qui restait sur la table des frères, mais même sa propre part. Dieu bénit ses humbles activités et, selon le témoignage d' anciens auteurs, les accompagna de miracles. Les images du bienheureux Thomas, dont certaines sont très anciennes et très belles, le représentent avec un sac, tenant en main un rameau de figuier ou offrant des figues en plein hiver à une femme enceinte qui en désirait. Dans ces portraits, les artistes ont représenté, semble-t-il, d'une part la sollicitude de cet homme de Dieu envers tous ceux qui avaient recours à lui, et d' autre part la puissance de son intercession auprès de Dieu, de qui il pouvait obtenir des miracles.
L'humble serviteur de Marie s'endormit dans le Seigneur à Orvieto, en 1343, comme nous le lisons dans le "Chronicon rerum Ordinis Servorum beatae Mariae Virginis", de fra Michele Poccianti. Son corps fut enseveli avec honneur dans l'église des Servites. Bientôt, à la suite des miracles qui s 'y opéraient toujours plus nombreux, les habitants commencèrent à le vénérer avec une grande piété et ils instituèrent un jour de fête annuel en son honneur. Ce culte rendu de temps immémorial au bienheureux Thomas fut approuvé et confirmé par le pape Clément XIII en 1768.
Oraison
Dieu de bonté, qui tends l’oreille à la prière des humbles, par l’intercession du bienheureux Thomas, notre frère, accorde à ta famille de trouver ici-bas, la force et la consolation, et, dans le monde à venir, la joie qui ne finit pas. Par Jésus.
1 juillet
Béatifié
à Rome, Place saint Pierre, par le pape Jean Paul II le dimanche 3 octobre 1999
en présence d’une imposante délégation de la famille des religieux, religieuses
et laïcs servites. Le Frère Tito M. Sartori était le Postulateur de la cause de
béatification.
Ferdinando Maria Baccilieri est né à Campodosso (Finale Emilia, Modena, Italie) le 14 mai 1821. Le 2 mars 1844 il est ordonné prêtre. En 1951, il accepte provisoirement la paroisse sainte Marie de Galeazza dont il devint curé le 22 avril de l’année suivante. Il ne la quittera plus jusqu’à sa mort le 13 juillet 1893. C’était en 1855 qu’il initia une fondation du Tiers Ordre des Serviteurs et Servantes de Marie. En 1856 il fonda une communauté féminine de vie consacrée qui eut sa forme stable en 1862 en devenant la Congrégation des sœurs Servites de Galeazza associée à l’Ordre des Servites de Marie. Pour sa biographie, il faut signaler l’étude de sœur Marie-Grâce Lucchetta, des Servites de Marie de Galeazza : Ferdinando Baccilieri, parroco « suo malgrado », Città Nuova, Roma 1992, 124 pages.
BIENHEUREUX UBAL DE BORGO SAN SEPOLCRO
4
juillet

Né à Borgo San sepolcro, vers le milieu du XIII nième siècle, Ubald est parmi les premiers frères à entrer dans l’Ordre. Homme très actif et plein d’initiatives, il demeure sobre et ne cède jamais aux commodités de la vie.
L’Historie retient surtout l’amitié qui le liait à saint Philippe devenu son maître spirituel. Au moment de la mort de son frère et ami, on raconte que son arrivé ranime le saint pourtant inconscient depuis un bon moment. Avant de le voir mourir entre ses bras, il est le seul parmi ses frères à comprendre que le livre demandé par Philippe, c’est le crucifix.
Ubal passe les dernières années de sa vie au Mont Sénario ou il meurt en 1315. C’est Pie VII qui, en 1821m confirme son culte.
Ubald naquit à Borgo San Sepolcro en Toscane vers le milieu du 13e siècle. "Dès l'enfance, il aima la vie religieuse", écrit fra Paolo Attavanti dans le "Dialogus de origine Ordinis". Il étudia d'abord la philosophie et la littérature. Puis, par amour de la Mère du Seigneur, il entra dans l'Ordre des Serviteurs de Marie et fit des études de théologie.
Frère Ubald, grand de taille, avait un visage remarquable. Fra Paolo dit encore qu'il "était un magnifique exemple de chasteté". En peu de temps apparut la sainteté de sa vie. Il fut très actif,
rempli d'initiative, mais ne céda jamais aux commodités de la vie.
Ce que nous savons de son amitié avec saint Philippe donne à son profil une note particulière et confirme sa réputation de sainteté. Fra Taddeo Adimari (De origine et laudibus Ordinis servorum) et Nicolas Borghese (Philippe Florentini), qui reproduisent tous deux une très ancienne Legenda de saint Philippe, racontent que le saint se trouvait en agonie à Todi, depuis trois heures déjà sans connaissance, lorsqu' arriva frère Ubald, averti surnaturellement de cette mort prochaine. Alors saint Philippe se dressa soudain et serra dans ses bras son frère et son ami. Puis réconforté par cette rencontre, il partit pour le patrie céleste.
On ne sait pas avec certitude dans quel couvent le bienheureux Ubald passa sa vie religieuse. Mais on pense qu'il vécut ses dernières années au Mont Senario où il mourut saintement en 1315, célèbre par les signes et les miracles qu'il accomplit.
Son corps fut enseveli dans ce couvent du Mont Senario, comme l'écrit fra Michele Poccianti (dans le Chronicon rerum Ordinis Servorum beatae Mariae Virginis). En 1707, on découvrit sous l'autel majeur, près du sépulcre de nos saints Pères, un corps de grande taille dont personne ne doute
qu'il fut celui du bienheureux Ubald. Le Pape Pie VII confirma en 1821 le culte rendu depuis longtemps au bienheureux Ubald. En 1969, son corps fut transféré dans la chapelle de saint Josephet c'est là qu'il est vénéré.
Oraison
Père Saint, tu es à l’origine de l’amour et tu nous appelles à vivre de toi ; à la prière et ÷a l’exemple du bienheureux Ubald, accorde à tes serviteurs de te rendre gloire par la sainteté de leur conduite et l’unité de leur pensée. Par Jésus.
BIENHEUREUX ANDRE DE BORGO SAN SEPOLCRO
31 août

Fidèle serviteur de sainte Marie, André es un
disciple de saint Philippe. Animé d’un profond désir de solitude, il se retire
dans un ermitage près de sa ville. Sa vie pauvre et austère, toute orientée vers
l’essentiel, attire d’autres ermites. Il les accueillie et devient leur guide et
leur père spirituel. Il meurt en 1315, après avoir prédit l’imminence de sa
mort.
A la demande du peuple, ses disciples ermites portèrent son corps dans l’église des Servites. Le culte rendu au bienheureux André a été confirmé par Pie VII en 1806.
Étant sorti, il se retira dans un lieu solitaire.
Les documents de l' Ordre nous apprennent que le bienheureux André, appelé aussi frère André de l' Ermitage, vécut un certain temps au couvent de Borgo San Sepolcro, au début du 14e siècle. Fra Michele Pocciant i, (dans son "Chronicon rerum Ordinis Servorum beatae Mariae Virginis"), nous raconte son entrée dans l'Ordre. En 1278, durant le chapitre général célébré à Borgo San Sepolcro, notre père saint Philippe fit une homélie sur le passage de l'Évangile où le Seigneur dit: "Celui d'entre vous qui ne renonce pas à tous ses biens, ne peut pas etre mon disciple" (Lc 14,33). Il Y avait dans l'assistance un jeune homme, riche et beau. Il fut bouleversé par les paroles de l'homme de Dieu. Aussitôt, poussé par l'Esprit, il quitta ses parents et tous ses biens pour l'amour du Seigneur. Peu après, il demanda l'habit des Servites qu'il reçut avec le nom d'André. Il
avait en effet suivi le Christ à l'exemple de l'autre André qui laissa ses filets et sa barque.
Dans la communauté de Borgo San Sepolcro, André fut un admirable serviteur de la Vierge et un parfait disciple de notre père saint Philippe. Il manifesta toujours un sens spirituel des réalités
terrestres qu'il aimait en Dieu et pour Dieu. Pauvre et dur pour lui-même, il était généreux et indulgent envers les autres. Doux, humble, pacifique, il semblait dominer la colère et imposer un joug à la haine. Il ne se laissa jamais aller à l'oisiveté et aux vains bavardages.
Avide de pénitence et de solitude, il avait coutume de se retirer dans l'ermitage de Cella Vallucola, près de Borgo, surtout lorsque cet ermitage fut rattaché, en 1295, au couvent des Servites cle Borgo par l'évêque de Tiferno. Alors nommé vicaire de l'ermitage, André rassembla autour de lui les solitaires de cette région. Il devint pour eux un père et un guide. Sa sainte vie et sa parole de feu lui gagnèrent des disciples parmi lesquels le bienheureux Barthelemy de Borgo. Dans ses démarches apostoliques, il montrait tant de sagesse et d'esprit de conseil que, par son intermédiaire, plusieurs couvents proches d' Alexandria et d'Asti furent agrégés à l'Ordre.
L'approche de sa mort lui fut révélée. C'est à l'ermitage de Cella Vallucola, alors qu'il était en prière, qu'il rendit son âme à Dieu, en 1315. Tous le pleurèrent; comme des fils privés de leur père, des orphelins de leur tuteur et des malades de leur médecin.
A la demande du peuple, son corps fut rapporté par les ermites dans l'Église des Servites de Borgo San Sepolcro, au milieu d'une grande foule de fidèles. Le culte immémorial du bienheureux André fut confirmé par Pie VII en 1806.
Oraison
Dieu que nulle parole ne peut dire, grâce au
témoignage du bienheureux André, tu as attiré beaucoup d’ermites dans l’Ordre
des Servites et tu les as réunis pour honorer la Mère de ton Fils et pur vivre
dans l’amour fraternel. Accorde-nous, pour mieux servit ton Fils et sa Mère, de
vivre dans la concorde et d’agir dans l’unité. Par Jésus.![]()
BIENHEUREUSE JEANNE DE FLORENCE
1
septembre

Jeanne est l’une des premières femmes à fréquenter les églises des Servites et à consacrer sa vie au Seigneur en se rattachant, comme tertiaire, à notre Ordre encore à ses débuts. Elle est donc l’une des premières mantelées, c’est-à-dire vêtues du manteau ou de la mante des Servites. Sur des images anciennes, elle est représentée en compagnie de saint Philippe à qui, sans doute, elle avait confié son projet de conversion. Elle est béatifiée par León XII en 1828.
Oraison
Dieu qui as donné à la bienheureuse Jeanne de revetir le manteau de l’innocence par son austérité de vie, accorde-nous, à son intercession, de vivre tournés vers toi, de porter des fruits qui expriment notre conversion et de te servir d’un cœur purifié. Par Jésus.
BIENHEUREUX BONAVENTURE DE FORLI
6
septembre
Bonaventure naît à Forli en 1410. Entré dans
l’Ordre, il se prépare, par de longues
études, à l’annonce de la Parole de Dieu.
Il se consacre ensuite à de fréquentes prédications auprès du peuple, surtout à
l’occasion de calamités publiques, comme la peste de Pérouse (1476). Voyageant
partout, il invite les fidèles à se convertir, à revenir à la foi, à participer
aux sacrements du pardon et de l’Eucharistie, et à venir en aide aux pauvre et
aux malades.
Il devient prieur provincial de la province de Bologne, puis vicaire général de la Congrégation de l’Observance, mouvement de réforme qui étai apparu dans l’Ordre à son époque. Il meurt à Udine durant le carême de 1491. Le culte rendu au bienheureux Bonaventure a été confirmé par Pie X en 1911.
Remarquable par la force de sa parole et la sainteté de sa vie.
Bonaventure naquit à Forli vers 1410. C'est là qu'il entra dans l'Ordre des Serviteurs de sainte Marie. Après son noviciat, en 1448, il fut envoyé à Venise où, pendant six ans, il étudia. Il obtint le grade de Maitre en théologie. Au couvent de Venise, il vécut peut-être avec le bienheureux Barthelemy, ce saint religieux remarquable par son amour de la solitude et l'ardeur de sa prédication évangélique.
Bonaventure se donna sans compter au ministère de la parole. Les documents nous apprennent ses innombrables prédications, surtout lors du Carême, à Venise, Florence, Bologne, Brescia et Pérouse. On y venait en foule. On le considérait comme un émule de saint Paul. En effet, comme écrit fra Filippo Albricci (dans son "Institutio Congregationis Fratrum Servorum Beatae Mariae Virginis Observantium"), on admirait tout autant sa parole fougueuse que sa vie remarquable. Il faut mentionner particulièrement les' prédications qu’il tintà Pérouse au cours d'une terrible épidémie. Il ne se contenta pas d'inciter les gens à implorer le secours de Dieu par la prière et la pénitence. Il les amena aussi à se dépenser au service des pauvres et des malades. La renommée de ces sermons se répandit à tel point que le Pape Xyste IV lui donna l'autorisation de prêcher partout comme prédicateur apostolique.
Bonaventure exerça à l'intérieur de l'Ordre de nombreuses charges. Il établit, dit-on, les couvents de Piobbo, près l'Urbino, et celui de Forlimpopoli, en Romagne. Durant son séjour à Rome, il fut é lu prieur du couvent de saint Marcel et, semble-t-il, procureur général.
A cette même époque, dans son désir de s'adonner davantage à la pénitence et à la contemplation, il demanda à Xyste IV l'autorisation de mener la vie érémitique. Le Souverain Pontife la lui accorda en 1483 et lui permit de se retirer dans la solitude avec six compagnons. On ignore où Bonaventure se rendit. D'après des documents du 17e siècle, on peut supposer qu'il vécut un certain temps à l'ermitage du Mont Senario. Peu après, par charité ou par obéissance, il retourna à la vie cénobitique. Il dirigea avec sagesse la province Romagne et y renforça la discipline régulière.
Le Prieur général Antonio Alabanti, désirant ramener l' Ordre à une observance plus stricte, eut recours aux conseils et à la collaboration de Bonaventure. En 1487, lors des graves différends opposant la Congrégation de l'Observance et le prieur général, il travailla à calmer les esprits et à
rétablir la paix. L'année suivante, au chapitre de la congrégation de l'Observance, il fut élu Vicaire général. Peu après, il fut confirmé dans cette charge par le chapitre général de l'Ordre.
Quelques historiens de l'Ordre, qui furent en rapports étroits avec le bienheureux Bonaventure, décrivent son amour de la pénitence et de la solitude. Fra Filippo Albricci écrit: "Il était de très petite taille et de maigre corpulence, mais de bonne culture. Religieux de grande sainteté, il portait la bâte longue. Dans la chaleur de l'été comme dans le grand froid de l'hiver, il
marchait pieds nus. Jamais il ne portait de chaussures, si bien que souvent ses pieds saignaient. Il était très pauvrement vêtu, ne mangeait jamais de viande et ne buvait pas de vin. Il dormait sur
la terre nue ou, quelquefois, sur des planches. Bref, il faisait tout pour soumettre son corps. De son vivant, il obtint de Dieu par ses prières de nombreux miracles". Fra Gasparino Porro rapporte, en vers élégants, presque les mêmes faits.
En 1491, alors qu'il prêchait le Carême à la cathédrale d 'Udine, épuisé par l'âge et les austérités, Bonaventure tomba malade et s'endormit dans le Seigneur le jour du Jeudi Saint.
Son corps fut enseveli dans l'église de Sainte-Marie des Grâces. Pus tard, le légat de Venise
à Udine, Andrea Loredan recouvra la santé par l'intercession du Bienheureux. Quand il fut retourné à Venise en 1509, en reconnaissance, il y fit transférer le corps de Bonaventure dans l'église de Saint~ Marie des Servites.
En 1911 la Sacré congrégation des Rites approuva le culte immémorial du bienheureux Bonaventure. Après plusieurs vicissitudes, son corps fut rapporté en 1968 à l'église de Sainte Marie des Grâces à Udine.
Oraison
Seigneur, par l’exemple de vie de ton serviteur, le bienheureux Bonaventure, notre frère,et par sa proclamation de l’Évangile, tu as illuminé nos cœurs; nous t’en prions; apprends-nous, comme lui, à briser, dans la pénitence, la dureté de nos cœurs. Par Jésus.
3 octobre
Toute première martyre de la famille OSM, elle a été béatifiée le 11 mars 2001 par Jean Paul II à la Place saint Pierre à Rome. Postulateur de la cause de béatification : Frère Tito Sartori.
Maria Guadalupe Ricart Olmos a été massacrée le 2 octobre 1936 à Silla, dans la province de Valence, au cours de la guerre civile espagnole. Elle est née le 23 février 1831 a Albal, à 9 Km de Valence. Elle entra à l’âge de 15 ans au cloître des Servites de Marie de Pie de la Cruz à Mislata (Valence). Son nom de religion est Marie Guadalupe. Elle fut aussi prieure de son monastère. Au plus fort de la guerre civile, elle dû se réfugier auprès de Filomena, sa sœur de sang. C’est là qu’elle fut arrêtée et prélevée vers 2 heures du matin du 2 octobre 1936. Deux heures plus tard, elle est assassinée à Sario entre Picasent et Silla sur la route provinciale vers Madrid. Fr. Tito Sartori a écrit tout récemment une biographie de la martyre. « L’amore insanguinato. Il martirio di sr Maria Guadalupe Ricart Olmos del II Ordine dei Servi di Maria (23/02/1881 – 2/10/1936), Postulazione générale », Roma 1999, 73 pages.
25
octobre
Jean-Ange Porro naît en 1451, dans le duché de
Milan. Entré dans l’Ordre en 1468, il
vit d’abord dans le couvent milanais
Sainte Marie, puis il est transféré à Florence, en 1474, où il est ordonné
prêtre. Pour se dédier tout entier à la pénitence et à la contemplation, à l’été
de 1477, il se retire à l’ermitage du mont Sénario qui avait été restauré au
début du siècle. Il y demeure pendant près de vingt ans. Il y est prieur. On lui
donne même le surnom « Jean de la Montagne ». En 1495, il revient à Milan où il
passe les dernières années de sa vie à s’occuper de l’éducation chrétienne des
jeunes. Il meurt le 23 octobre 1505. En 1737, Clément XII le proclame
bienheureux.
Une ancienne coutume veut que les enfants malades soient conduits à son tombeau qui se trouve dans l’église servite de Saint-Charles à Milan, pour être recommandés à son intercession.
Modèle de vie Absorbée dans la contemplation et la connaissance de dieu.
En 1451, dans la duché de Milan, Jean Ange naquit de Protasio Porro et Franceschina da Guanzate, des chrétiens convaincus. Sa famille éetait originaire de Barlassina, près de Sevosco.
En 1468, il revêtit l'habit des Servites au couvent de Sainte-Marie à Milan où il resta environ cinq ans. Ensuite, d'après certains historiens de l'Ordre, il se retira dans la solitude à Cavacurta, sur la rive gauche de l'Adda, pour se consacrer à la contemplation et à la pénitence.
En 1474, il fut envoyé à Florence, au couvent de la Santissima Annunziata. Là, il se montra particulièrement fidèle à l'observance régulière. C'est peut-être à cette époque qu'il fit des études et fut ordonné pretre. Pendant ces années, i l songeait à la vie érémitique pour s' occuper de Dieu seul
Aussi se retira-t-il à l' ermitage du Mont Sénario. Celui-ci au début du 15e siècle, avait été restauré par un groupe d'ermites qui l'avaient fait revivre par leur ferveur spirituelle et le travail de leurs mains.
Le séjour au Mont Sénario eut une importance considérable dans la vie et l'itinéraire spirituel du bienheureux Jean Ange. A cause ce lieu, il fut dénommé "Jean de la Montagne". Il s'empressait de retourner à cette solitude chaque fois qu I i l devait s'en éloigner du fait de sa mauvaise santé ou pour obéir à ses supérieurs. En 1484, en effet, il fut appelé au couvent de Florence par le Prieur Antonio Alabanti, pour y assurer la charge des novices. A leur intention, il écrivit, semble-til, des "Avis utiles". Trois ans plus tard, Antonio Alabanti, devenu entre-temps Prieur Généra l, le désigna, avec l'accord des ermites, recteur de l'ermitage du Mont Sénario. Il remplit cette fonction avec sagesse et compétence. Appréciant les capacités et l'esprit religieux de Jean Ange, le Prieur Général eut à plusieurs reprises recours à lui pour diriger l'ermitage de Chianti.
Après la mort d'Antonio Alabant i, Jean Ange retourna, en 1495, à Milan, où di ton, il fut é lu prieur. Au milieu de l'agitation de cette ville, il réussit à sauvegarder un peu de l' atmosphère de vie solitaire qu'il avait tant aimée. Fra Filippo Ferrari, son biographe, raconte en effet qu'il "habitait une cellule un peu retirée des autres". Durant ces années apparait aussi une autre caractéristique de sa vie: son souci dè l'éducation chrétienne des enfants. Dans un ouvrage d'Ippolito Porro (Origine et sucessi della dottrina cristiana in Milano, in Mon. O.S.M. VIII, p. 138) nous lisons: "Tous les jours fériés, bien qu'il fut Prieur, il se tenait à la porte de l'église, ou circulait dans les rues, cherchant les
enfants et les rassemblait pour leur enseigner la doctrine chrétienne". Ceci est attesté aussi par un bas-relief de marbre du milieu du 16e siècle, représentant le bienheureux Jean Ange occupé dans l'église à instruire les enfants.
Le 23 octobre 1505, le bienheureux mourut saintement au couvent de Milan, pleuré par les frères et les fidèles.
Dans le bienheureux Jean Ange nous voyons un exemple et un modèle de la vie centrée sur la contemplation et la connaissance de Dieu dont nous trouvons des témoins à toutes les époques de l I histoire de notre Ordre. Le bienheureux eut en effet un désir tout particulier de prière et de
silence. Il désira ne vivre et ne s'entretenir qu'avec Dieu seul, au point de quitter les compagnies futiles pour retourner toujours à la solitude. Cependant l'amour de ses frères l'emporta souvent en lui sur cette prédilection. Il aima beaucoup notre Ordre et chacun de ses frères dont il s'occupa toujours avec une grande sollicitude fraternelle. Quoique de constitution fragile, il réussit à dominer son corps par de continuels renoncements. Il pratiqua spécialement la pauvreté la simplicité de vie. Il avait une profonde dévotion envers notre Dame et composa, en son honneur, une prière qu' il avait coutume de réciter tous les jours devant son image.
Il fut béatifié par Clément XII en 1737. Son corps, presqu'intact, est vénéré en l'église saint
Charles de Milan. Selon une antique coutume, on apporte les enfants malades à son tombeau pour
demander leur guérison par son intercession.
Oraison
Seigneur, le bienheureux Jean-Ange s’est dépensé avec ardeur pour promouvoir une vie religieuse authentique et enseigner la foi chrétienne; accorde-nous, par son intercession, de fixer notre cœur en toi afin de persévérer dans la vie évangélique et l’enseignement apostolique. Par Jésus.
BIENHEUREUX JEROME DE SANT’ANGELO IN VADO
10
décembre
Jérôme naît au début du 25e siècle à Sant’Angelo in Vado. Jeune encore il reçoit l’habit de l’Ordre des Servites dans le couvent de cette ville. Il s’en éloigne quelque temps pour étudier.
Ordonné prêtre, il y revient. Il devient célèbre par son amour du silence et de la solitude, par son esprit de prière et par ses dons de conseil et de sagesse. Il meurt vers 1468. Pie VI approuva son culte en 1775.
Oraison
Dieu Tout-Puissant, tu as comblé le bienheureux Jérôme des dons de l’Esprit; remplis-nous agir avec prudence selon ta volonté. Par Jésus.
Au cœur de l'homme prudent repose la sagesse.
Jérôme nait au début du 15e siècle à Sant'Angel in Vado en Ombrie. Il est élevé dans la crainte de Dieu par des parents très chrétiens. Adolescent, il revêt l'habit des Servites au couvent de Sant' Angelo. Il s'absente ensuite pendant quelques temps pour se livrer aux études. Il étudié la philosophie et la théologie. Ayant obtenu le grade de bachelier, il est ordonné prêtre. Revenu au couvent de sa ville natale, il y mène une vie austère. Il se livre avec joie è la pénitence. Dans le silence, la solitude, la vie commune et le service des frères, il se consacre à la contemplation.
Alors qu'il résiderait è Sant'Angelo, il est élu vicaire de la province romaine. Vers 1450, il reconstruit, presque de fond en comble, un couvent de moniales servites dédié à Notre-Dame des grâces, ou vivra dans la sainteté sa compatriote, la bienheureuse Victoire. Il se dépendeuse aussi pou le bien des fidèles. Au milieu de toutes les activités de son ministère. il est un conseiller remarquable au pont que le duc d'Urbino, Frédéric, l'estimant beaucoup, recoure à ses conseils pour les affaires importantes. Homme de Dieu, il aspire à s'occuper uniquement su Seigneur et il refuse toujours les honneurs..
Vers 1468, il s'endort dans le Seigneur. Aussitôt, de nombreux fidèles accourent au tombeau du frère Jérôme. Ils la réputation de ses miracles allant grandissant, la voix du peuple le proclame bienheureux.
Son corps, presque intact, est conservé sous l-autel majeur de l'Église Sainte-Marie des Grâces ou il est vénère par les fidèles.
Le Pape Pie VI approuva le culte du bienheureux Jérôme en 1775.
BIENHEUREUX BONAVENTURE DE PISTOIE
15
décembre
Bonaventure naît à Pistoia vers 1250. Amené à une vie plus sainte par la prédication et l’exemple de saint Philippe, Bonaventure entre dans l’Ordre et y est ordonné prêtre.
Il se signale par la sagesse et la prudence avec lesquelles il gouverne les convents.
Il meurt à Orvieto vers 1315. Pie VII confirma son culte en 18822.
Il ne dit et ne fit jamais que ce qu'il estimât agréable à Dieu et utile aux hommes.
Bonaventure nait à Pistoie vers le milieu du 13e sièc1e. C'est ainsi que l'on présente son entrée dans 1'Ordre des Serviteurs de Sainte Marie. En 1276 le chapitre général se célébrait à Pistoie. Saint Philippe, voyant les habitants déchirés par des guerres civiles et des haines implacables, les exhorte publiquement à se réconcilier avec Dieu et entre eux. Selon la Tradition, un jeune homme, chef du parti gibelin, se convertit sous l'effet des paroles de l'homme de Dieu. Il demande à saint Philippe de le recevoir dans l'Ordre. Il est accepté et il reçoit selon son désir, le nom de Bonaventure. (Dans son ouvrage intitulé Chronicon rerum ordinis servorum beatae Mariae virginis. Michel Poccianti). On rapporte les faits de la façon suivante. «Beaucoup sont bouleversés par les paroles du bienheureux Philippe. Non seulement ils se réconcilient dans le Seigneur, mais ils donnent tous leurs biens aux pauvres, quittent leurs parents, prennent Philippe pour père et décident de servir Marie sous sa direction. Parmi eux, il y a le chef du parti gibelin. Après la réunion, il va trouver Philippe. Il lui demande humblement de l'admettre dans l'Ordre Servite. Poussé par la grâce, il décide de faire pénitence de ses péchés. Père très bon, Philippe accède au désir de cet homme naguère si violent. Il l'envoie d'abord demander pardon à chacun de ses adversaires. S'il en a lésé, il lui ordonne de leur rendre le quadruple. A la stupéfaction générale, après avoir obéi de grand cœur au précepte évangélique, il est enfin reçu, aux conditions ordinaires dans le saint Ordre des Servites».
L'auteur (du Chronicon) n'indique pas ses sources et, selon son habitude, amplifie les faits. Mais, les écrivains de notre Ordre, même les plus récents, lui font pourtant confiance et estiment que ce qu'on appelle la «conversion de Bonaventure»peut être considéré comme authentique.
Saint Philippe lui reste très intimement lié. Lorsqu'en 1285, il va trouver le Pape Martin IV, qui séjourne alors à Pérouse, pour traiter de la conservation et de l'approbation de notre Ordre, il prend pour compagnons, non seulement le frère Lothaire, mais aussi le frère Bonaventure dont il apprécie la science et la sagesse.
Le frère Bonaventure, qui s'était montré homme de prudence et d'expérience, exerce ensuite la charge de prieur dans les couvents de Bologne et de Pistoie. Il gouverne pendant plusieurs années la province romaine.
Il faut mentionner surtout le temps où il est Prieur du couvent de Montepulciano. Beaucoup d'hommes et de femmes se pressent à ses sermons. Certains entrent dans l'Ordre et reçoivent l'habit de ses mains. Par mandat de l'évêque d'Arezzo, Aldobrandino, en 1306, il pose la première pierre de l'église que sainte Agnès de Montepu1ciano élevait en l'honneur de sainte Marie. Il préside à la construction du monastère, impose le voile à Agnes et à six autres sœurs et reçoit leur profession sous la règle de saint Augustin. C'est lui qui confirme l'élection d'Agnès comme abbesse et la soutient de ses conseils dans le gouvernement du monastère.
Il meurt à Orvieto vers 1315, et il est bientôt célèbre par de nombreux miracles.
Le Pape Pie VII confirme son culte en 1822. En 1915, pour le sixième centenaire de sa mort, le corps du bienheureux est transféré à Pistoie où il est conservé avec honneur dans l'église des Servites.
Oraison
Dieu tout puissant, répands en nos cœurs le
don de prudence qui animait le bienheureux Bonaventure et grâce auquel il guida
ses frères et les moniales qui ne recherchaient que toi. Par Jésus.
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