PROMOTEURS DE L'EVANGÉLISATION



SERVICE PASTORAL
LES MISSIONS DES
SERVITES DE MARIE![]()
Service pastoral
La pastorale servitaine est amplement décrite dans le document de l’Ordre des Servites de Marie « Envoyés pour servir » publié le 19 juin 1992 par le prieur Général d’alors, le Frère Hubert Moons (1989-2001). Reportons ici certains paragraphes qui expliquent l’un des articles des Normes de la vie de l’Ordre
Mais de qui sommes-nous serviteurs?
- Nous sommes serviteurs de la Bonne Nouvelle, en annonçant en Jésus Christ l’Évangile de la grâce et de toute libération (cfr Lc 4, 18-19).
- Nous sommes serviteurs de l’esprit de prophétie, en dénonçant courageusement tout genre d’oppression et en prêchant l’avènement d’un monde de frères, dont l’amour réjouit la maison du Père.
- Nous sommes serviteurs de la vie, en nous rangeant près de ceux dont l’existence est menacée, depuis l’enfant à peine conçu jusqu’à l’ancien à la retraite.
- Nous sommes serviteurs des pauvres, en les aidant à se libérer du joug de la faim et de l’ignorance, de la maladie et de la mort prématurée.
- Nous sommes serviteurs de la paix, en nous confiant dans la force de la douceur évangélique et du sacrifice de soi accompli par amour, en surmontant tout sentiment de haine et de vengeance.
- Nous sommes enfin serviteurs de la Vierge glorieuse, en lui offrant chaque jour notre louange et en nous inspirant de son exemple pour notre service.
Par contre, nous refusons catégoriquement:
- d’être serviteurs des grands de ce monde, comme ceux qui reçoivent leurs faveurs et soutiennent leurs sordides intérêts;
- d’être serviteurs des idoles de la société moderne: l’argent, le plaisir, le succès et la bonne renommée;
- d’être serviteurs d’idéologies qui visent à nous aveugler et à nous bâillonner, en nous enlevant la liberté de penser et de dire la vérité;
- d’être serviteurs de toute institution humaine qui cherche à nous soumettre et à nous manipuler;
- d’être enfin des serviteurs de l’injustice et du péché, qui nous privent de la «glorieuse liberté des enfants de Dieu » (Rm 8, 21).
Quelles sont alors les formes concrètes de service des Servites de Marie ?
Outre les devoirs de la célébration liturgique, l’homélie, la catéchèse, le témoignage de la fraternité, la présence dans les sanctuaires mariaux, la mission, le dialogue, l’inculturation et la justice, s’ajoutent aussi «de nouveaux types de services» tels que :
- les jeunes, surtout les victimes de la drogue et du sida;
- les enfants abandonnés, qui se comptent par milliers dans le Tiers-monde;
- les émigrants dans le monde industrialisé;
- les femmes des classes populaires, auprès de qui la figure de Marie nous rapproche de façon toute particulière;
- les minorités de tout genre: raciales, ethniques, sexuelles, religieuses;
- le monde de la culture: les moyens de Communication et les universités — ces «aréopages modernes» (RM n. 37), soit ces lieux communs où on pense et on projette l’avenir pour la société, comme cela se faisait autrefois.
Le Secrétariat Général Justice et Paix
dont le siège se trouve à la curie générale l’Ordre à Rome a été institué pour stimuler tous les membres de l’Ordres à rendre effectives ces formes de service.
Les communautés engagées avec les pauvres dans les formes de service précitées :
Mexique : La communauté « Guadalupe des Pauvres »
La communauté Guadalupe Xabuginni (Guadalupe des pauvres) a été créée par la province mexicaine de l’Ordre à Acatepec, Mexique. Elle se trouve dans l’État de Guerrero habité par des indigènes Tlapatèques. Elle vient en aide à la population contrainte à vivre du travail de la terre dans un milieu où la pluie est plutôt rare ; une triste situation qui ouvre l’homme à ne compter que sur Dieu. Chaque année à cheval entre avril et mai, les gens invoquent l’intercession de saint Marc vénéré dans des pierres consacrées qui sont, depuis des siècles, posées au sommet de certains endroits. On y apporte des fleurs et des offrandes rituelles. Le prêtre célèbre l’eucharistie dans les environs des pierres sacrées où des croix sont érigées. Après 150 ans d’abandon, la reprise de ce culte acquiert un sens particulier, car les indigènes de la paroisse d’Acatepec peuvent compter désormais sur la présence de 3 prêtres Servites de Marie pour le service religieux. En répondant à leur attente, nous partageons aussi avec eux leur joie et leur souffrance. En retour, ils nous comblent de leur amitié et de respect et expriment leur reconnaissance envers Dieu et les images sacrées, ceci surtout à l’occasion de la fête patronale de chacune des communautés. Ce qui nous fait penser à l’épilogue de nos Constitutions : « Étant donné que le Fils de l’homme est encore crucifié en ses frères, nous, les Serviteurs de Mère, nous voulons être avec Elle au pieds des croix innombrables, pour y apporter réconfort et coopération rédemptrice ».
Le 5 mars 2004, après avoir examiné la situation (le lieu de résidence des Frères, les caractéristiques d’Acatepec et de Teocuitlapa) et l’avis des religieux qui y opèrent depuis un certains temps, le conseil provincial a pris la décision d’ouvrir une nouvelle communauté dans la zone. Il faut noter cependant que depuis 21 ans, le Vicariat devenu Province mexicaine de l’Ordre était déjà engagé dans la recherche d’un lieu où accomplir l’apostolat des Servites avec les « plus pauvres ». Le chapitre provincial de 2003 avait en outre demandé au conseil provincial d’étudier la possibilité de la constitution juridique de la communauté d’Acatepec. C’est à l’unanimité que le conseil avait approuvé la naissance de cette communauté.
Mozambique. Matola : le Lar de l’espérance
A l’instar d’autres expériences similaires, le « Lar Nova Esperança » est un centre qui accueille « les enfants de rue ». Son origine est très simple. Les Frères Servites de Marie de la mission saint Gabriel de Matola (Mozambique), désireux de protéger du froid nocturne un petit groupe de 5 enfants et adolescents, leur permirent de dormir à l’entrée du presbytère. Ils leur offrirent à manger et à se vêtir le jour suivant. Les ayant convaincus ensuite à aller à l’école et à offrir quelques services de nettoyage, la mission les hébergea et les prit en charge. Ce projet fit son chemin et s’est développé grâce à InterMon, un ONG espagnol dans un bâtiment simple, essentiel et fonctionnel, construit sur le terrain de la mission. Le climat est familial ; et les enfants mènent une vie normale qui n’a rien à voir avec celle d’un orphelinat. Ce qui leur permettra de s’insérer dans la société. Puisqu’ils seront les adultes de demain et artisans de la reconstruction du pays, ils reçoivent une éducation et une formation professionnelle.
Le projet « Lar Nova Esperança » concerne surtout les orphelins de guerre, du sida, abandonnés et privés de familles et donc de besoins vitaux (repas, hygiène, santé), d’affection (accueil, estime de soi) et sociaux (éducation, école, intégration).
Le « Lar Nova Esperança » est un centre qui n’a pas les moyens de s’auto suffire. Il compte sur la solidarité des communautés et amis des pays plus riches. Malgré le nombre de nos bienfaiteurs, le travail et l’engagement du personnel qui couvrent les 40% des dépenses, nous n’arrivons pas à couvrir les frais d’entretien. Le centre qui n’a pas un but lucratif mais qui a pour objectif d’éduquer et de former professionnellement se trouvera toujours, dans ces conditions, économiquement déficitaires.
Le groupe actuel est constitué de 20 internes entre 10 et 18 ans. Ce nombre correspond à l’idée originelle : créer un cadre familial où chacun est responsable. Dès les débuts, on évite de prendre un nombre élevé d’enfants pour ne pas donner du centre une idée de collège. Cependant, le projet prévoit aussi, outre les résidents, une centaine d’externes. Ce sont généralement des enfants abandonnés par leurs géniteurs et qui vivent avec des parents (oncles, tentes, grands parents …), ou qui vivent dans une pauvreté extrême. Ils sont eux aussi des enfants du Lar. Il y reçoivent nourriture, éducation, formation professionnelle. Bref, le Lar est une réalité éduque et forme. Il est ouvert. Son but est la formation intégrale de l’homme et comprend : l’école, la formation dans les laboratoires en agronomie, menuiserie, forgerie, céramique et recyclage de papiers.
Frère Manolo M. Fontanet
Chili. Malloco : « Koinomadelfia »
Il est fondé il y a plus de 14 ans par le Frère Gabriel M. Paccanaro, Servite de Marie. Très jeune le Frère Gabriel avait fait l’expérience de Nomadelfia, « la ville où la fraternité est la loi » née juste à après la deuxième guerre mondiale à l’initiative de don Zeno Salini. Koinomadelfia accueille des enfants de 0 à 18 ans, orphelins et abandonnés ou dont les parents ont été déclarés incapables par le juge. Ces mineurs sont pris en charge par une maman. Le centre est organisé en 10 maisons - famille de 8 enfants chacune. Les enfants fréquentent les écoles publiques ou privées les plus proches. Ils participent aux activités religieuses, sportives et culturelles de Malloco, à 30 Km de Santiago de Chili. Dans le village, ils peuvent jouer, se divertir et travailler. Le centre est dirigé par une directrice, un assistant social, une psychologue, une secrétaire, un responsable administratif, une chargée d’hygiène et santé, une équipe chargée des relations avec les écoles et d’autres volontaires qui offrent leur service dans les activités scolaires. Une personne coordonne les relations entre les 10 maisons- famille qui accueillent complexivement 80 enfants. Une communauté de 3 laïques consacrées OSM est responsable de la direction et de la coordination des 10 maisons – famille et des activités scolaires.
Nos enfants sont les derniers, car ils n’ont pas connu l’amour de leurs parents, la chaleur familiale et fraternelle. Ils ont été maltraités, abusés, abandonnés. Innocents et sans protection, ils ont fait les frais de nos péchés. L’engagement pour soigner leurs blessures peut être considéré comme l’essentiel du charisme des Servites : nous les sauvons en leur donnant l’amour, la chaleur familiale et les instruments pour affronter la vie. Venez-nous en aide !
Une des Sœurs de l’Institut des Filles des Sacrés Cœurs de Jésus et de Marie de Ravasco dirige la cuisine centrale, distribue les aliments à chaque maison – famille, en reçoit ou va les chercher, met de l’ordre dans la cantine ; une autre coordonne les activités scolaires : relations avec les écoles, soutiens, catéchèse en vue de la première communion et de la confirmation, pastorale auprès des enfants et des adultes. Dans la vie de Koinomadelfia, il y a aussi des laboratoires comme la confection, la peinture, la menuiserie, la soudure, le dessin et la typographie.
Frère Gabriel M. Paccanaro
Le « Cas Aysen », devoir de l’Église
Voulue par l’Évêque Mgr Luis M. Infanti La Mora, OSM pour prêtres, religieux, agents pastoraux et parents des jeunes « disparus » sur le thème « Avance ta main et mets-la dans mon côté » (Jn 20, 27), la journée d’informations et de discernement sur le « Cas Aysen » a été célébrée le 7 février dans la Maison Belén de Coyaique.
Mgr Luis M. Infanti a expliqué, en ouvrant la journée, l’engagement de l’Église locale sur le cas douloureux des jeunes « disparus ». Guido Jamarillo, représentant des parents des jeunes, a donné ensuite des informations sur les circonstances du décès de certains d’entre eux. Le docteur Cristian Cruz, avocat des parents, a expliqué les démarches engagées en faveur de 5 jeunes. Une plainte a été déposée le 7 novembre 2002. Il y a eu ensuite un débat qui a permis aux participants de découvrir l’action entreprise par l’Évêque pour aboutir à la vérité sur la mort des jeunes dont les familles se sentaient impuissants. Cette rencontre a ouvert les yeux de ces familles sur l’engagement de l’Église dans le cas. Des groupes d’études ont été constitués pour déterminer les démarches successives. Les conclusions suivantes se sont dégagées de la plénière de la fin de la journée :
1) En prenant en compte le « Cas Aysen », l’Église d’Aysen a fait preuve de sa vivacité et montré d’être une Église prophétique, en mesure d’accueillir des frères, de s’incarner dans leur réalité et dans leur milieu. C’est une Église qui, sur l’exemple de Jésus, veut s’intéresser à tous, sur les chemins de la miséricorde sans discrimination.
2) L’Église d’Aysen doit suivre de près le « Cas Aysen » et toute circonstance où les valeurs chrétiennes comme la vie, la justice, sont piétinées.
3) Une commission doit être mise sur pied pour informer et coordonner les diverses institutions de l’Église et pour promouvoir des actions en vue de renforcer la pastorale en faveur des pauvres et des jeunes, comme prévu par notre Plan Pastorale 2001-2006.
Senigallia. Un toit pour les « derniers »
Notre Frère Giovanni M. Vannucci a fait une considération pertinente sur nos grands couvents en relation au fait qu’il existe des sans abri. Cela m’a aidé à être cohérent dans mon service de religieux Servite de Marie. Tant de fois, nous disons de vouloir être près des « innombrables croix » des hommes. C’est peut être pour cette raison que le chapitre général de Mexico en 1995, parlant de pauvreté et de communion des biens, a recommandé de « mettre à disposition les espaces non exploités au service des nouvelles et vieilles pauvretés (chapitre général 1995, textes approuvés, n 192, 3/a). Lorsqu’on parlait il y a quelques années de la fermeture du couvent de saint Martin à Senigallia, j’avais proposé au conseil provincial de le transformer en une maison d’accueil pour des cas difficiles que nous rencontrons autour de nous. Il m’est arrivé de connaître la situation de certains ouvriers étrangers en Italie. Ils vivaient mal. D’autres encore dormaient dans des hôtels où ils payaient très chers. C’est à leur demande que j’ai converti les salles de classe de catéchisme en chambres - lits en été. En hivers les portes du couvent leur restent ouvertes. Je ne pouvais pas imaginer de jouir d’un grand toit pendant que d’autres personnes n’ont pas où poser la tête. J’ai communiqué ensuite leur présence dans le couvent aux autorités publiques en conformité à une nouvelle loi qui l’exigeait. Ces étrangers s’occupaient de la propreté des locaux. Ils ont eux-mêmes aménagé la cuisine et le réfectoire où ils mangeaient au retour du travail. Le couvent est devenu leur maison. Ainsi ils y mettaient de l’ordre et contribuaient abondamment pour sa gestion à la fin de chaque mois en versant une bonne partie de leurs salaires. C’est grâce à cet accueil qu’ils ont réussi à obtenir leurs titres de séjour en Italie. Ce qui est bien connu et très apprécié en ville. Certains jeunes de la paroisse collectionnent des aliments dans le supermarchés tous les 15 jours pour les préparer et les distribuer aux ôtes et d’autres personnes qui venaient de l’extérieur. A cette activité, s’ajoute une attention particulière aux questions religieuses et sociales. A Noël et à Pâques la paroisse partagent des moments de fête avec les orthodoxes. Une fois par mois, un prêtre ukrainien vient célébrer l’eucharistie pour les orthodoxes. Même l’Évêque fut surpris de constater que ces ôtes sont profondément religieux. J’ai fêté aussi la fin du Ramadhan avec les amis musulmans en partagent le repas avec eux. Nous hébergeons actuellement 8 ukrainiens, 2 roumains, 1 moldave, 1 marocain et 2 bengalais. Je me rends compte qu’il ne s’agit là que d’une goûte dans l’océan ; ce n’est pas cela qui me fera reculer. Au contraire, je le fais avec joie. Il est inutile de dire combien on en reçoit au regard du peu que l’on donne.
Giuliano Grassi
Les Sœurs Servites de Marie et le service des nécessiteux
Les Sœurs Réparatrices Servites de Marie
Le Centre Madre Elisa Andreoli a Pus Mesini (Albanie)
Deux semaines aux portes de l’Europe, dans un pays qui croit être abandonné de Dieu, mais qui, à vrai dire n’est abandonné que des hommes. Cela nous semblait, ma femme et moi, impossible. Malgré tout, nous nous sommes tiré d’affaires, considérant les bateaux du Tiers Monde de la compagnie Skanderbeg qui relient Brindisi à Valona, du climat humide qui empêche le sommeil la nuit, de la vipère que Sœur Gemma a rencontré au garage, des nids-de-poule qui infestent les rues de Valona. Nous avons réussi à rencontrer un peuple qui porte encore les stigmates de cruelles répressions et persécutions. Nous avons réussi à rencontrer des femmes et des enfants qui semblent ne pas avoir un avenir puisqu’ils n’ont pas un présent étant donné qu’ils vivent avec de petits et grands problèmes sans solutions. Nous avons réussi à supporter leur regard inquiet, curieux de savoir pourquoi nous qui habitons une société riche, voire opulente, au delà du canal d’Otrante, avons choisi de franchir les frontières de la terre des aigles, de passer de la technologie avancée au cheval qui traîne la charrette, des luxueux magasins des centres commerciaux aux petites boutiques dont on peut lire sur les murs : Mish, viande, et où on peut observer le veau lié au nez destiné au sacrifice du jour ; nous avons réussi, en un mot, à faire la route inverse de ce qu’ils songent.
Le couvent, si on peut ainsi définir la maison où habitent les Sœurs Réparatrices Servites de Marie de Pus Mesini, reste ouvert du matin au soir ; une centaine d’enfants y fréquent la maternelle, une quarantaine de filles et de femmes apprennent la coupure d’étoffe pendant deux semaines dans le salon du premier étage aménagé par ma femme Magda.
La Sœur Bardhe est prise par les études qu’elle a enfin terminées ; la Sœur Rosa qui passe des fourneaux de la cuisine aux médicaments de l’infirmerie. De temps en temps, elles disparaissent pour la prière et le recueillement ; subitement, les revoilà devant l’ordinateur ou pour déplacer les sacs de riz ou les bidons d’eau, ou encore pour rencontrer les parents qui ne sont pas en mesure de payer la pension de leurs enfants, ou à se démerder avec les pièces de rechange que même les braves militaires italiens à Valona ne sont en mesure de trouver. La leur est une vie faite de prière, d’évangélisation concrète et de promotion humaine dans un milieu en retard de 50 ans : famille patriarcale et traditions d’un peuple de bergers qui résistent au temps et à la dictature. Si nous y sommes arrivés, c’est grâce à eux, aux Sœurs de Pus Mesini que nous remercions. Et si jamais nous nous rendions encore en Albanie, si les Sœurs Réparatrices le voudrons, le centre « Madre Elisa Andreoli » sera de nouveau notre « maison ».
Fabrizio Sternieri
Servites de Marie de Londres – Cuves
Londres. Miséricorde, compassion et solidarité à la dimension oecuménique
En Grande Bretagne, il existe des associations de croyants et de non-croyants qui travaillent ensemble au service de la justice. Ce que je trouve de plus intéressant est la possibilité de comprendre tout groupe qui forme une communauté. C’est un défi pour nous qui tentons de vivre l’Évangile que de se trouver dans une des métropoles multiculturelles les plus connues du monde comme Londres. Dans TELCO (The East London Communities Organisation = Organisation des communautés de l’est de Londres) nous travaillons ensemble avec des groupes d’autres églises, mosquées, écoles, collèges, universités, de commerçants et travailleurs. Le but est de traiter les problèmes des personnes. Une des zones les plus pauvres et délaissées du pays se trouve dans la partie est de la ville de Londres. Maisons malsaines, salaires dérisoires, loyers chers, situation sanitaire dégradante, criminalité diffuse, drogues, rues dangereuses : tout cela contribue à un niveau de vie très bas dans la zone où nous habitons. Cependant, nous nous sommes battu avec les institutions, publiques et privées, des organes gouvernementaux au maire de Londres, des grandes structures sanitaires aux responsables locaux des banques et usines, etc., pour améliorer les conditions de vie et de travail de nos communautés. Certaines de nos initiatives ont donné de fruits, d’autres non, et nous avons encore d’autres chantiers ouverts.
A la lumière de notre charisme, que veut dire tout ceci ? Sommes-nous uniquement des opérateurs sociaux, des activistes ou de philanthropes ? Nous pouvons l’être ou rien de cela. Ce qui est sûr, c’est que nous avons fait la connaissance de nos amis musulmans, évangéliques, bouddhistes, athées, gnostiques et anglicans. Nous nous sommes rencontrés entre nous. Nous avons connu leurs lieux de travail, de rencontres, de prières, d’études. Ensemble avec eux, nous nous sommes réjouis, avons pleuré, mangé, fêté, partagé joie et souffrances. Nous n’avons pas eu toujours les mêmes idées, mais nous avons réussi à travailler ensemble aux solutions de nos problèmes communs. Je pense que notre charisme en a trouvé une de ses expressions. C’est ce qui fut certainement le rêve de nos fondateurs pour leur temps dans une ville tourmentée comme Florence il y a des siècles ; c’est ce que nous rêvons nous aussi pour notre monde aujourd’hui inquiet. Cela n’est pas si simple. On éprouve de difficultés en effet, à convaincre d’autres à offrir leur temps et à s’engager, dès fois même à risquer leur réputation et position sociale, à parler ouvertement, à défier celui qui est haut placé. Ils sont plusieurs dans nos communautés à ne pas apprécier ces formes de coopération ; ils pensent qu’il y a déjà trop à faire ou hésitent croyant qu’il s’agit d’engagements purement politiques. Sans doute, il est plus facile de partager ces problèmes à distance. Nous applaudissons à distance ceux qui prennent ces risques pour la justice et la paix ; toutefois, dans la plupart des cas, ce que nous avons à faire est devant la porte de notre maison.
Sr M. Petronia
Londres. Les malades sont tous égaux
Je travaille dans un des plus vieux hôpitaux de Londres : l’hôpital saint Barthélemy ouvert en 1123, solennité de l’Assomption, jour bien indiquée pour le soin des pauvres de Londres d’antan. Fermé pendant les années de la Réforme, il repris à fonctionner vers 1540 jusqu’à ce jour. Il est spécialisé pour le soin des malades de cancer et de cardiopathie.
Je fais partie d’un groupe œcuménique qui comprend aussi un Iman, un Rabbin, un membre de l’Église libre, des Ministres anglicans et un Prêtre catholique. Nous respirons un bon climat dans le groupe et avons un profond respect pour la foi des uns et des autres. La dimension multiculturelle et multiethnique est un moyen très important pour construire des liens dans nos communautés de foi. De toutes religions confondues, les gens nous accueillent volontiers et apprécient nos visites. C’est un réel partage dans le monde de la souffrance que de prier ensemble avec des personnes d’autres confessions religieuses. Nous assistons la personne dans ses besoins immédiats. Notre Assistance, dans ses formes les plus variées, est une réponse de compassion qui amène la personne è s’ouvrir à la dimension spirituelle. Ce sont là des occasions pour redécouvrir le Dieu compatissant et une Église qui a donne quelques fois de motifs à certaines personnes de s’en éloigner. Dès fois, l’accompagnement d’un malade peut exiger des mois sans que l’on parle de religion.
Il est aussi important de connaître la famille. La connaissance de la situation du malade et de la famille aide à grandir ensemble au cours de ce moment très significatif de la vie. Avec le concours du malade, notre programme prévoit aussi la récupération du lien avec la paroisse locale. Dans la plupart des cas, il s’agit de la première fois depuis plusieurs années de rupture.
C’est un privilège et une grâce de pouvoir accompagner ces hommes et femmes au cours de leur maladie. C’est une façon pour moi de vivre notre charisme concrètement avec l’esprit de Marie. Je considère en effet que c’est un don de Dieu le fait de pouvoir être proche des innombrables croix du peuple de Dieu et faire connaître aux assistés l’amour infini que Dieu a pour eux.
Sr. Marie
A Butembo pour l’éducation et la santé des enfants
A Butembo (République Démocratique du Congo), les Sœurs Servites de Marie de Londres ont constitué une deuxième communauté à Katsya, un quartier très pauvre, par rapport à la zone où se trouve la première maison. Les sœurs se préparaient à cette aventure depuis des mois. Le bâtiment est fait de parpaings avec une toiture de zinc peint de bleu comme celui du noviciat ; il est constitué de 8 chambres, une chapelle, le réfectoire, une salle commune, les salles d’eau, la buanderie et la cuisine. Cette œuvre est le fruit de la générosité des amis de plusieurs provinces de la Congrégation à qui nous voulons dire notre gratitude. Proche de la communauté, le centre de santé saint Joseph réalisé grâce à l’héritage d’une sœur de Jolimont. Dans son rapport en janvier dernier au terme de sa visite, Sr. Felicity Mckeon dit de ce centre : « A la fin des travaux, le centre sera un beau complexe. Il a été projeté selon les normes établies pat le gouvernement. Il comprendra donc l’accueil, l’administration, le dispensaire pour les visites médicales, une salle médicalisée, une autre non médicalisée, un dortoir à trois lits pour les urgences, la pharmacie, le laboratoire pour les analyses médicales, et un espace réservé pour l’éducation des mères ». La communauté de Katsya est composée de Sr Catherine, trois jeunes sœurs professes : Sr Emmanuelle, Sr Jeanne et Sr Jacqueline, deux postulantes : Aurélie et Hedwige. La Sr Emmanuelle, infirmière depuis juin 2003, sera la responsable du centre saint Joseph. Elle affirmait : « L’ouverture de ce centre est pour moi un grand signe d’espoir, le signe que Dieu est avec nous et nous protège, nous conduit dans l’accomplissement de son œuvre. Dans sa qualité de cuisinière, Sr Jeanne apportera sa contribution à la communauté, tandis que Sr Jacqueline, Aurélie et Hedwige enseigneront à l’école de Katsya. L’école qui appartient au diocèse est confiée aux Sœurs. Pour l’heure, des douze classes prévues, seule deux sont abritées dans un bâtiment en dur. L’école comprend quatre niveaux et se fait dans des locaux pauvres et précaires. 384 élèves ont été inscrits. Ils sont 60 à 70 par classe. Elle est très passablement meublée tandis qu’elle ne dispose presque pas de matériel didactique. Certains élèves sont des réfugiés de guerre, originaires de l’Ituri, au nord Kivou. Ils ont pu s’échappé, avec leurs familles, aux massacres de la région de Bunia. Ils ont trouvé refuge auprès des parents, pauvres eux aussi. Certains enfants ont fuit dans de terribles circonstances telles qu’ils en sont marqués psychologiquement et émotivement.
Il faut noter en outre que la population de Butembo a augmenté sensiblement à cause de la guerre : 600.000 habitants en 2004, alors qu’ils n’étaient que 250.000 en 1990 lorsque nos Sœurs arrivaient. De toutes les façons, notre mission s’est développée au cours de ces 14 années. Actuellement, elle compte 21 présences (17 jeunes congolaises en formation, 6 sœurs de profession simple, 6 novices, 3 postulantes, 2 aspirantes et 4 sœurs de profession perpétuelle dont 3 françaises arrivées en 1990 et une canadienne, Sr M. Rose, arrivée en janvier dernier après quelques mois à Butembo. Sr M. Rose apporte une aide substantielle à Sr M. J. Baptiste dans la formation des novices. Un dernier point : depuis quelques années, un groupe de 7 personnes dont 5 femmes et deux garçons se réunit avec la formatrice, Sr M. J. Baptiste le troisième dimanche du mois, pour approfondir la spiritualité des Servites de Marie.
Sr Marie Agnès
Sœurs Servites de Marie de Ladysmith
Auprès des faibles et opprimés pour concrétiser notre charisme
En lisant le Frère Christopher M. Ross dans son livre « Le charisme des Servites de Marie », je pense y avoir trouvé une juste définition de notre charisme. Il écrit : « Qu’est-ce qu’un charisme ? Etre nous-mêmes. Nous sommes ce qui veut dire être Servite de Marie. Le groupe n’est que la somme des parties ». Notre mission à nous, Sœurs Servites de Marie de Ladysmith, est : « Comme Marie, nous voulons être proche des personnes avec une attitude de partage charitable ».
Le travail au milieu des pauvres et des abandonnés est une des formes de notre apostolat. Nous sommes engagées aussi dans la catéchèse pour les familles, le service des malades et vieillards, nous travaillons pour la justice et la paix dans les organismes de l’État et locaux ; nous sommes au service des souffrants, nous visitons les prisonniers et assistons les familles en difficulté ; nous apportons la communion à ceux qui ne peuvent pas sortir de leur maison et aux malades à l’hôpital. Certaines de nos sœurs apportent de l’assistance aux réfugiés vietnamiens, travaillent avec les jeunes. L’assistance est parfois aussi spirituelle. Ces diverses formes d’apostolat sont de réelles expressions de notre charisme servite ; d’une certaine manière, nous sommes présence du Christ et de Marie au pied des innombrables croix de nos frères et sœurs. Je pense en outre qu’il est très important, comme communauté, d’être proche des frères et sœurs qui ont besoin de la compassion de Marie et de notre amour. Quant aux initiatives, je crois que nous devons partager notre apostolat avec les frères et sœurs Servites de Marie de l’Ordre Séculier pour recueillir de nouvelles idées et élaborer de nouveaux projets. La stratégie actuelle de notre Congrégation comprend : comme femmes Servites de Marie, nous sommes proche des opprimés et exploités, nous nous battons pour la dignité de la femme et des enfants, nous défendons la vie et sommes contraires à toute forme de violence.
Sr Margaret Valois
Sœurs Compassionnistes Servites de Marie
Paranaque City (Philippines). Au milieu des gens
Nous, Sœurs Compassionnistes Servites de Marie, sommes présentes aux Philippines depuis quelques années seulement. Les formes de notre apostolat au milieu des gens sont : la catéchèse dans les familles, l’enseignement des chants religieux, la communion et l’assistance aux malades, l’éducation à l’école, l’assistance aux orphelins, le secours et la solidarité envers les frères et sœurs plus faibles, l’assistance médicale. Ces diverses activités sont des expressions du charisme OSM, car nous vivons avec les pauvres et nécessiteux comme en famille. En nous dédiant aux autres dans le service pastoral, la catéchèse et l’assistance aux plus petits, nous sommes en mesure d’exprimer notre amour pour les frères et sœurs, particulièrement ceux qui souffrent et sont socialement marginalisés, sur l’exemple de la Bienheureuse Vierge Marie qui s’est offerte comme instrument de salut pour tous.
Nous avons besoin de la présence d’autres Servites de Marie là où nous sommes, surtout des religieux pour que l’esprit OSM soit mieux vécu. Nous aurions besoin d’un prêtre pour l’assistance spirituelle des parents et des enfants.
La communauté.
Ruffano (Lecce). Proche des vieillards et des malades.
Notre communauté comprend 4 Sœurs. Elle est paroissiale. A part les initiatives de caractère liturgique et catéchétique, la communauté assiste aussi les vieillards, les malades, les personnes qui vivent dans la solitude, en les visitant chaque semaine. Nous leur apportons le réconfort de l’Eucharistie et les aidons de diverses manières. Tous les mercredis, avec notre mini bus, nous transportons les vieillards qui le désirent dans un local de la paroisse où ils passent ensemble la journée : prière, divertissement et repas. Une Sœur anime la lectio divina dans les familles qui manifestent leur soif de la Parole de Dieu.
Nous sommes toutes disponibles à aller où notre présence peut être utile : chez les malades terminaux, les familles endeuillées surtout à cause des accidents, les familles pauvres qui n’osent pas demander, les familles d’immigrés qui sont souvent marginalisées, les familles divisées, etc., bref, les nouvelles pauvretés.
Notre maison est en outre un centre d’accueil et d’écoute de personnes qui frappent à notre porte tous les jours pour de divers motifs. Elles y trouvent toujours une Sœur qui les accueille avec joie, compréhension et miséricorde. Ces activités, étant expressions de miséricorde, de compassion et de solidarité, reflètent le charisme servite. La présence de la Famille servite dans la Puglia se limite à quelques Congrégations de Sœurs avec deux communautés paroissiales de frères : Taranto et Manduria. Pour la direction spirituelle, l’organisation des rencontres spécifiques de la Famille et le soutien fraternel, des contacts réguliers sont souhaitables.
Sr. M Candida Starita
Les Sœurs Mantellate Servites de Marie de Pistoie
Pistoie. A nouveaux problèmes, solutions nouvelles
La communauté de Pistoie a toujours œuvré principalement dans le domaine éducatif – scolaire pour la promotion humaine, culturelle et chrétienne des nouvelles générations. Au cours de l’histoire, en communion avec la Congrégation entière, elle s’interroge sur les grands problèmes liés aux transformations socio - culturelles et pastorales, avec une attention particulière aux signes des temps et aux urgences qui inspirent des solutions significatives, parfois audacieuses.
C’était au début des années 80, quand la communauté sentit le besoin de s’occuper du phénomène de la toxicomanie qui se répandait alors chez les jeunes, qu’il y eut une provocation hardie. C’étaient les premiers pas de l’actuel Centre de solidarité dont l’objectif est le Projet homme avec des programmes d’accueil, de soutien psycho – thérapeutique, l’insertion social et dans le monde du travail, prise en charge des familles. Deux Sœurs sont entièrement engagées dans ce service aux jeunes dans le Centre pour la coordination des projets et l’exécution des programmes. L’histoire de ce Centre est disséminée d’expériences douloureuses, d’errements, de solitudes, mais aussi de l’éclosion de vies nouvelles et l’explosion d’énergies et de potentialités qui ouvrent à la vie et donnent une nouvelle vision de l’existence. Aujourd’hui encore, notre mission nous interpelle à répondre à de nouvelles réalités de marginalisation. C’est ainsi que nous avons initié un autre projet, la « Ronde de nuit ». Il s’agit de l’attention pour un malaise général qui ne dit pas son nom, mais réel et provocateur : attention pour les sans abri qui passent la nuit dans les gares, vivent dans la solitude et l’abandon et qui se sentent inutiles et profondément désespérés. Ceux qui se sont engagés dans cette Ronde leur offre repas, sérénité de l’ami qui s’approche et accueille. L’une de nous coordonne les activités et le projet en communion télématique avec la Caritas, la « Miséricorde » et un centre pour les alcoolisés.
Notre spiritualité de service qui a sa source dans le Magnificat rencontre tous les jours les exigences de libération de l’homme d’aujourd’hui enfermé dans le tourbillon d’une société qui l’immobilise et le rend esclave de fausses valeurs vides de sens. Nos communautés sont appelées par conséquent à manifester le contenu de notre charisme : miséricorde, accueil sans condition, attention envers les plus faibles et souffrants, participation à la vie sociale, culturelle et ecclésiale et là où peut arriver notre sollicitude qui prend sa source dans notre être Servantes et Serviteurs du mystère de Dieu qui est en nous.
Sr. Gertrude Magnani
Florence. S. Marie au Pignone
Deux Sœurs de notre communauté sont présentes à temps plein dans la paroisse pour le service de la charité. Une Sœur gère le centre médical pour les soins d’urgence et d’où on offre des services à domiciles pour certains malades. L’autre est la responsable d’une autre structure paroissiale, la Maison du père où l’on accueille toute la journée des vieillards nécessitant de l’assistance. Grâce à des volontaires, ils passent la journée en contact avec d’autres personnes et peuvent aussi avoir des activités physiques. D’autres personnes comme des immigrés y reçoivent de l’assistance : repas, vêtements, douche ; ils peuvent y être accueillis pour un soutien moral. Notre Congrégation a été fondée pour être un témoignage de fraternité et de service, s’inspirant de la Mère de Jésus. C’est pour cela que nous nous mettons à la disposition des Églises locales en cas de besoin. Nos Fondatrices l’ont bien compris. A partir de l’humble village de Treppio, elles ont su donner l’amour aux plus petits, surtout aux enfants. Comme Servantes de la Mère de Dieu, nous voulons êtres présentes au pied d’innombrables croix pour y apporter réconfort et coopération rédemptrice.
Sr. Concordia Feltrin
Trani (Bari)
Soutenue par certaines de nos Sœurs insérées dans le groupe de Volontaires de saint Vincent, notre communauté accomplit plusieurs œuvres de solidarité. Depuis longtemps déjà nous avons fait une adoption à distance. Nous nous occupons des familles pauvres en leur procurant des biens de premières nécessités. Pour leur instruction, nous aidons aussi des enfants issus de familles pauvres ou en difficulté. Nous contribuons économiquement au fonctionnement de la Caritas de notre ville et du groupe de Volontaires de saint Vincent. Quelques unes de nos sœurs aident dans la cuisine de la Caritas où des sans abri et ceux qui souffrent dans la solitude peuvent trouver à manger. Ces diverses activités, expressions du charisme des Servites ont un dénominateur commun : la fraternité. Toutefois, la Famille servite est absente dans l’assistance aux vieillards et aux malades là où nous œuvrons .
San Donato Milanese (Milan)
J’ai commencé en 984 le service à temps plein dans la Communauté Promotion Humaine pour le soin des toxicomanes à San Donato Milanese. Un travail difficile et éprouvant, mais beau à cause de l’immense joie d’aider ceux qui ont ruiner leur vie à découvrir la valeur de la vie.
J’ai suivi, ces derniers temps, des malades de sida en phase terminale que même leurs familles ont abandonnés. J’ai accompagné plusieurs sur leur chemin vers le Père en cherchant à alléger solitude et la peur qui les habitaient. Je n’oublie pas ces visages qui imploraient dans la sérénité. Aujourd’hui, les toxicomanes ont changé d’aspect ; il n’est pas facile de les suivre car psychologiquement détruits avec des pathologies psychiatriques. Leur récupération est laborieuse, mais il y a une joie profonde à faire du bien à ceux que la société rejette.
Ce service répond à l’esprit de mes Fondatrices et est expression du charisme servite. Marie, la femme de la miséricorde, accueillaient ceux qui étaient dans le besoin, elle prévenait, comme à Canaan, allait rencontrer, comme sa visite à Élisabeth. Étant Sœur Servite de Marie, je suis servante de l’homme qui a besoin. Porter la croix de ceux qui sont devenus déchets sociaux, mais sûrement aimés de Dieu. Cet esprit est évangélique et servitain. La peur nous amène dès fois à nous enfermer, à être moins disponibles, à condamner et à être superficiels.
Sr Costantina Nassetti
Irmas Servas de Santa Maria do Cenaculo
Chicumbane (Mozambique)
Nous vivons au milieu de personnes pauvres et simples du village de Chicumbane. Selon un proverbe, « au pays des aveugles, les borgnes soient rois ». C’est ce qui nous arrive. Nous avons un seul œil, mais nous sommes reines du village car notre présence est respectée et désirée ici. Certains villageois se considèrent d’ailleurs privilégiés pour le fait qu’ils vivent avec des Sœurs. Nous nous inspirons à ce qui est caractéristique de notre Ordre. La simplicité et l’humilité, fondées sur la confiance en Dieu et la protection de sainte Marie.
En décembre 2003, en rencontrant les parrains et marraines de nos enfants – ils sont plus de 200 à être adopter à distance - je me suis dit que la priorité était l’assistance sanitaire. En février 2004, j’ai été littéralement submergée de demandes, provenant non seulement des enfants de Chicumbane, mais aussi d’autres localités du diocèse de Xai-Xai. Comme religieuses, nous ne pouvions pas rester indifférentes. Que faire alors ? Une autre priorité s’impose : l’école pour les enfants et les jeunes. Nos Sœurs qui n’étaient pas suffisamment préparées (culturellement et en nombre) ne pouvaient pas affronter cette situation. Malgré tout, elles ont accepté ce défi. On avait besoin de salles de classes, d’enseignants, d’argent pour les payer, des bancs pour l’école, du matériel didactique, etc. De partout, la Famille servitaine nous a généreusement secourues. Nous voyons, dans cette collaboration, l’expression de la miséricorde, de la compassion et de la solidarité propres au charisme des Servites de Marie.