PROMOTEURS DU CULTE À SAINTE MARIE

PIÉTÉ MARIANE:
PRIÉRES DES SERVITES
La Bienheureuse L’Angelus Domini Le rosaire de la Vierge des Douleurs Via Matris L’Hymne Akathistos Les Litanies L’Heure de la Mère
SANCTUAIRE
MADONNA DELLA GHIARA MONTE BERICO NOTRE DAME DE L'ANNONCIATION PESARO PIETRALBA PORTLAND SANTA MARIA DEL POZZO S. MARIA DELLE GRAZIE SOCAVÓN SUPERGA
PRIÉRES DES SERVITES
C’était le XII siècle, le grand siècle de la dévotion mariale. Un peu partout, et surtout dans les monastères, de petits offices fleurissent pour célébrer sainte Marie et implorer sa protection. Un des offices encore utilisés de nos jours par certains Ordres religieux, dont les Servites, s’intitule « Vigilia de Domina » ou « Sainte Mère de la Miséricorde » ; c’est une veillée orante des Serviteurs à leur Dame, une supplique des pécheurs à la Mère du pardon. Ce bref office comprend trois psaumes et trois lectures – oraisons. Ces dernières, directement adressées à la Vierge, sont des implorations à la Mère du Seigneur, miséricordieuse et sensible, proche de Dieu et des hommes, qui, assise auprès de son Fils, lui adresse sa prière virginale et pieuse en faveur de ses fils et de ses serviteurs égarés et sur lesquels pèse la condition de pécheurs. Le chant de la « Salve Regina, la plus célèbre des antiennes médiévales, conclut cette antique louange.
« La Bienheureuse » est une prière communautaire spécifique de l’Ordre des Servites de sainte Marie. Elle est utilisée avec bénéfice cependant par d’autres communautés religieuses, des groupes de laïcs et des familles. Elle peut être aussi un hommage personnel à la Mère de Jésus. C’est une prière qui peut convenir dans plusieurs circonstances ; toutefois, pour lui conserver son sens de veillée, il est conseillé pour les vendredis dans l’après midi, veille du samedi, jour de notre Dame.
L’Angelus Domini (L’Ange du Seigneur)
C’est
la prière avec laquelle les fidèles commémorent, trois fois par jour, l’annonce
de l’Ange Gabriel à Marie et l’Incarnation du Verbe de Dieu : au lever et au
coucher du soleil et à midi.
On ne saurait dire quand et où est née cette prière. Elle n’est pas l’œuvre d’une personne ou d’un groupe déterminé. Elle a plutôt une origine populaire et sa diffusion fut possible grâce aux Frères Franciscains Mineurs et d’autres Ordres Mendiants, dont le nôtre. Preuve : il est connu que depuis le XIII siècle, notre Ordre avait inscrit l’Ave Maria parmi les révérences quotidiennes à la Domina. Il est impossible, pour les Servites, de séparer l’amour pour l’Angélus de la vénération pour le mystère de l’Annonciation dont l’homonyme basilique de Florence, avec son fresque, constitue une sublime expression. L’incidence de cette image est de poids, à cause de son sens dans l’histoire et la spiritualité des Servites ; l’Ordre « eut une grande considération pour ce sanctuaire florentin dès la seconde moitié du XIV siècle ; on pourrait en outre affirmer que, d’une certaine manière, une bonne partie de notre histoire – directement ou indirectement – s’est déroulée aux pieds de cette image thaumaturge : Notre Dame, Sainte Marie, Mère de toute grâce ».
Plusieurs types de chapelet ont vu le jour, au cours des siècles, comme
expressions de la dévotion envers la Bienheureuse Vierge. Le rosaire de la
Bienheureuse Vierge Marie (Rosarium B. M. V.) s’était fait distingué. Mais le
chapelet dit de la B. M. V. Pendolentis était bien connu aussi.
Le rosaire de la Vierge des Douleurs est connu comme une dévotion propre à l’Ordre grâce à l’apport des religieux Servites de Marie à sa formation et l’amour avec lequel il l’ont transmis et divulgué au sein du peuple chrétien. De nos jours, on en trouve deux formulaires :
Le formulaire traditionnel, dont la valeur intrinsèque est incontestable à cause de son contenu et de sa structure ; de même qu’indiscutable est sa valeur historique liée aux générations de laïcs, de religieux et religieuses Servites de Marie qui l’ont utilisé pour prier avec dévotion et profit. Le nouveau formulaire qui est une nouvelle édition du formulaire traditionnel comporte quelques retouches marginales de caractère linguistique qui n’entament pas la substance.
Les « Sept Douleurs » du chapelet sont énoncées comme suit.
1. Marie accueille la prophétie de Siméon dans la foi (Cfr Lc 2, 34-35).
2. Marie fuit en Égypte avec Jésus et Joseph (Cfr Mt 2, 13-14).
3. Marie cherche Jésus égaré à Jérusalem (Cfr Lc 2, 43-45) ;
4. Marie rencontre Jésus sur le chemin du calvaire (Cfr Lc 23, 26-27)
5. Marie aux pieds de la Croix de son Fils (Cfr Jn 19, 25-17).
6. Marie accueille dans ses bras Jésus déposé de la Croix (Cfr Mt 27, 57-59).
7. Marie confie le corps de Jésus au tombeau dans l’attente de la résurrection (Jn 19, 40-42).
Via
Matris Dolorosae ou simplement Via Matris est une pratique de dévotion par
laquelle une personne ou un groupe de fidèles prient sur un parcours ou à
l’intérieur d’une Église en méditant les douleurs souffertes par la Vierge
Marie, Mère et coopératrice du Sauveur au cours de sa vie, dans
l’accomplissement de sa mission.
Même si cette pratique n’est pas née de l’Ordre, la Via Matris peut bien être considérée comme propre à la famille Servite grâce à l’accueil qui lui a été faite et le dévouement avec lequel les Servites l’ont faite connaître aux fidèles.
L’intuition fondamentale de la Via Matris est de contempler la vie de la Vierge, depuis l’annonce de l’Ange Gabriel et la prophétie de Siméon jusqu’à la mort et la sépulture de son Fils : c’est un chemin de foi et de douleur. La Via Matris est composée de sept stations correspondant aux sept événements dans lesquels la piété populaire chrétienne veut reconnaître les douleurs « principales » de la Mère du Seigneur. De nos jours, la Via Matris est présentée en 5 formulaires composés de textes bibliques, de prières et de brèves litanies.

Par antonomase, l’Akathistos est une hymne liturgique de l’Église byzantine du V siècle. Elle fut et demeure le modèle de composition d’hymnes et de litanies, anciennes et récentes. Akathistos signifie chanter ou réciter « debout », en signe de révérence à la Mère de Dieu, exactement comme pour l’Évangile.
Au cours de ces dernières années, les Servites de Marie l’ont adoptée pour honorer Sainte Marie. Ils ont accueilli dans leur patrimoine cet grand hommage que l’Église Byzantine rendait à la Mère de Dieu.
Les litanies de la Bienheureuse Vierge Marie occupent une place privilégiée dans les diverses expressions de la piété mariale grâce à la sympathie dont elles jouissent auprès du peuple chrétien. Elles constituent une forme de prière simple et facile. Dans sa structure voulue répétitive, apte à induire à la contemplation, cette louange à Marie, variée et intense, se confond harmonieusement avec la pieuse requête de sa médiation : « prie pour nous » ; « viens à notre secours »…
Dans les Églises locales comme au sein de plusieurs familles religieuses, les formules litaniques de louange et de supplique à la glorieuse Mère du Christ ont fleuri au cours des siècles. Cela advint aussi dans notre Ordre. Suite au Concile Vatican II, les expressions de notre dévotion à Marie ont été révisées et mises à jour. Ainsi, la Commission Liturgique Internationale de l’Ordre a préparé un recueil de suppliques litaniques. Étant donné que cette dévotion mariale fait partie de notre charisme d’origine, nous ne perdons aucune occasion pour puiser dans ce recueil dans nos manifestations d’attachement à Notre Dame.

Le vendredi saint est « l’heure » du Christ. Après avoir « aimé les siens qui étaient dans le monde, il les aima jusqu’au bout » en s’immolant comme victime sur l’autel de la Croix : en leur faveur et en faveur de tous les pécheurs. Aux pieds de cette Croix, il y avait Marie, inséparablement unie à son Fils dans la douleur et dans l’offrande, en obéissance à la volonté de Dieu.
Le samedi saint est « l’heure » de la Mère. Elle, Femme, Fille de Sion, Mère de l’Église, y vécut l’épreuve suprême de la foi et de l’union au Dieu Rédempteur. « L’heure de la Mère » est une célébration qui s’inspire du rite byzantin dont le thème, la douleur du Christ et de la Mère, déborde d’espérance. Dans cette célébration psaumes et lectures s’entrelacent avec des chants et de brèves couplets poétiques.
Même si les Servites de Marie ne s’attribuent pas la paternité de cette prière, ils s’en sont appropriée pour exalter le rôle de Marie dans le mystère de la Rédemption opérée par le Christ. Pour preuve, « L’heure de la Mère » est célébrée tous les samedis saints dans nos églises et couvents.